Dire les -⁠e- dans les vers français

Les -⁠e- presque muets de la poésie française : comprendre quand on doit les dire, sur les vers de Molière, La Fontaine, Hugo et Rimbaud ; puis s'entraîner.

Un -⁠e- presque muet écrit : trois situations

Dans le vers français traditionnel, on compte les syllabes à l'oreille, mais en prononçant les -⁠e- qu'en français du Nord, on avale dans la conversation. Tout dépend de ce qui suit l'-⁠e-.

e on le dit et il compte e il tombe e fin de vers : on le prononce légèrement, si possible ; mais il ne compte pas

1. Avant une consonne : on le dit

L'-⁠e- de « maître » est suivi du -⁠c- de « Corbeau » : on prononce « maî-treu Cor-beau », presque comme dans le Midi. C'est une vraie syllabe : elle compte. Le même traitement s'applique avant un -⁠h- aspiré (« le héros »).

2. Avant une voyelle : il tombe

Les trois -⁠e- barrés tombent, chacun avant une voyelle : celui de « légère » (avant « et »), celui de « vêtue » (avant « elle ») et celui de « elle » (avant « allait »). Quand l'-⁠e- suit une consonne, celle-ci s'appuie sur la voyelle suivante : « lé-gè-ret ». Quand il suit une voyelle, comme dans « vêtue », il tombe sans rien changer à la syllabe qui précède. Un -⁠h- muet ne change rien : l'-⁠e- tombe aussi avant lui (« nature, heureux » se dit « na-tu-reu-reux »).

3. À la fin du vers : on le prononce légèrement, si possible ; mais il ne compte pas

Ce vers a ses douze syllabes sans l'-⁠e- de « meilleure ». Cet -⁠e- vient après le dernier accent du vers: on le prononce légèrement, si possible ; mais on ne le compte pas.

Le piège inverse : ne rien ajouter

Verlaine, « Colloque sentimental » : dix syllabes, et un seul -⁠e- presque muet à dire, celui de « le ». Là où aucun -⁠e- n'est écrit, on n'en ajoute pas : « ciel » reste « ciel », jamais « ciel-eu » ; « noir » reste « noir », jamais « noir-eu ». Une bonne manière de s'en protéger : suivre le texte des yeux.

e dit et compté e tombe e final : on le prononce légèrement, si possible ; il ne compte pas

Chaque syllabe fait un « tac ». Le -⁠e- dit et compté sonne plus aigu : on l'entend exister.

Choisissez un outil, puis touchez chaque -⁠e- souligné : ce sont les -⁠e- presque muets du vers. Retouchez un -⁠e- pour l'effacer.

Réglage des enregistrements

Écoutez l'enregistrement. À chaque début de vers, touchez « Marquer » (ou la touche M). La fin d'un vers se déduit du début du vers suivant ; vous pouvez l'affiner. Contrôlez chaque vers avec « Écouter », puis copiez la liste en bas de page dans le chat.

Position : 0,00 s
Touches : M = marquer, espace = lecture ou pause, flèches = 1 s en arrière ou en avant.

Scansions annotées à la main, textes saisis de mémoire : à relire avant usage en classe. Un trait orange signale chaque diérèse retenue : seulement quand l'usage courant ferait une synérèse (« bohémi-en », « châti-é », « souri-ant », « enfou-is »).