lettresclassiques.fr

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

23 mar. 2020

Tālīs inter virōs...

Mes chers élèves,

pendant le confinement, voici de quoi s'occuper un peu. Nous avons déjà étudié ceci de notre très joli extrait de L'amitié de Cicéron :

Tālīs igitur inter virōs, amīcitia tantās opportūnitātēs habet, quantās vix queō dīcere. Prīncipiō, quī1 potest esse « vīta  vītālis », ut ait Ennius, quæ nōn in amīcī mūtuā benevolentiā conquiēscit ? Quid dulcius quam habēre quīcum omnia audeās sīc loquī ut tēcum ? Quī esset tantus frūctus in prosperīs rēbus, nisi habērēs quī illīs, æquē ac tū, ipse gaudēret ? Adversās vērō ferre difficile esset, sine eō quī illās — gravius etiam quam tū — ferret.
Dēnique, cēteræ rēs quæ expetuntur, opportūnæ sunt singulæ rēbus ferē singulīs : dīvitiæ, ut ūtāre, opēs, ut colāre, honōrēs, ut laudēre, voluptātēs, ut gaudeās,

Je vous invite à travailler sur la suite en recopiant... et en complétant l'étude ci-dessous, de «valētūdō, ut dolōre careās». Vous constaterez en effet qu'il manque certaines choses, remplacées par des points de suspension. Si vous avez besoin d'éclaircissements, n'hésitez pas à me contacter par le biais des discussions sur Pronote. J'espère vous donner la correction et la suite jeudi 26 mars.

Bien cordialement,

18 déc. 2016

D'adorables petites déesses

Parce que certains de mes élèves aiment beaucoup la mythologie, une petite friandise de Noël :

27 oct. 2015

Roland et Patrocle

Nous avons donné, jeudi 15 octobre, au cours du colloque Voix, rythme et geste dans la poésie antique et moderne, en ouverture du spectacle Sosie et autre duos, un dialogue entre l'épopée grecque et l'épopée française, entre le chant XVI de l'Iliade et la première partie de la Chanson de Roland. Les rapprochements que nous avons choisis ont intéressé certains spectateurs, en particulier parce qu'ils étaient aussi enseignants. Pour répondre à leur curiosité, en voici le texte, où les extraits de l'Iliade sont traduits en hexamètres dactyliques français par Philippe Brunet, et ceux du Roland en décasyllabes épiques assonancés par votre serviteur.

18 mar. 2015

Petőfi Sandor

Pour qui s'intéresse à la métrique et à la versification, la poésie hongroise est fort intéressante. En effet, elle utilise la rime, la métrique syllabique et la métrique quantitative, et ce éventuellement dans un même poème. Ainsi, si j'ai bien compris, le poème de Petőfi Sandor, le plus fameux de la littérature hongroise, qui a constitué une espèce d'hymne national après la révolution de 1848 :

Szabadság, szerelem!
E kettő kell nekem.

Szerelmemért föláldozom
Az életet.

Szabadságért föláldozom
Szerelmemet.

est constitué d'un premier distique d'hexasyllabes rimés, vers composés de deux trisyllabes, hémistiches réguliers terminés par une syllabe longue. On peut aussi considérer ces trisyllabes comme des anapestes où chacune des deux brèves peut être remplacée par une longue. Ces hexasyllabes fonctionneraient donc comme l'alexandrin français, où on a deux hexasyllabes terminés par une longue (syllabe tonique), dont les cinq premières syllabes sont indifféremment longues ou brèves (toniques ou atones). Les quatre derniers vers sont une série de dipodies iambiques (chaque distique est composé d'un vers de quatre pieds iambiques et d'un vers de deux pieds iambiques, où chaque iambe peut être remplacée par un spondée), avec des rimes croisées qui correspondent en réalité à un parallélisme : la rime vient de la construction syntaxique parallèle, marquée par des désinences identiques:

U — — / UU — // U — — / — U —

U — U — U — U — // U — U — // U — — — U — U — // U — U —

On pourrait sur cette structure traduire ainsi le poème de Petőfi :

Etre libre, amoureux:
en deux mots, être heureux.

Pour mon amour, je donnerais
même la vie.

Pour être libre, je donnerais
même l’amour.

N.B. En hongrois, l'accent graphique (qui est dessiné comme un double accent s'il est placé sur une voyelle surmontée d'un tréma: ő) marque une longue. L'accent tonique, qui n'allonge pas la syllabe, est placé systématiquement sur la première syllabe du mot.