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15 janv. 2017

La question sur un corpus au bac de français

Bien que nous soyons très favorable à la disparition de cet exercice, qui complique excessivement la tâche des élèves, en leur ôtant le temps de composer correctement leur commentaire, leur dissertation ou leur «écriture d'invention», nous leur proposons quelques conseils pour le réussir au mieux, sans perdre trop de temps.

Nos élèves ayant subi naguère un «bac blanc» sur des extraits de Flaubert, Hugo et Giono, voici un exemple de corrigé pour la question «Comment ces trois récits rendent-ils sensible la violence exercée par le rire sur le personnage principal ?». Nous proposons ici non une réponse rédigée, mais un exemple de ce qu'ils auraient pu faire au brouillon pour préparer leur réponse.

18 sept. 2016

Présenter une copie

Beaucoup pensent que la présentation est une affaire accessoire. Et ils ont raison. Mais s'ils ne voient pas que cette affaire accessoire est en même temps très importante, ce qu'ils se gourent, ce qu'ils se gourent... Le bons sens, mais aussi l'expérience montrent qu'en étant très exigeants sur ces détails, on obtient de très beaux résultats. En effet, on peut être en ce domaine très très exigeant, parce que il y est tout à fait possible, pour tous les élèves, d'y approcher une quasi perfection. De sorte que c'est très plaisant pour les élèves parce qu'ils peuvent réussir — non parce qu'ils peuvent réussir, mais parce qu'avec un tout petit peu d'exigence, lorsqu'elle est commune à plusieurs professeurs, et de pédagogie, ils réussissent effectivement tous. Surtout, c'est un moyen de commencer à améliorer la concentration, le plaisir de travailler, l'orthographe et l'organisation, et c'est un moyen dont il est difficile de se passer surtout avec les élèves les plus en difficulté. Et je passe sur le plaisir qu'a le professeur de corriger des copies bien présentées, décuplé par celui de voir ses élèves véritablement progresser dans le contenu de la copie.

Ci-jointe une fiche distribuée à tous mes élèves en début d'année, avec la complicité de plusieurs de mes collègues, de mathématiques, de sciences économiques ou d'histoire et de géographie.

09 sept. 2016

Leçons de latin — seconde

Reprenant du latin en seconde, je m'essaie à rédiger les leçons nécessaires d'initiation pour mes élèves qui ne parviennent pas à se souvenir du sens du nominatif ou de l'accusatif. Chaque leçon se veut adaptée pour deux heures de cours. Je m'efforce de veiller à ce qu'une véritable progressivité soit assurée: on avance pas à pas, de façon que tous comprennent et capitalisent les connaissances solidement.

Ainsi, les deux premières leçons ne comprennent pas d'exercices en latin: la priorité est donc pour l'instant la compréhension de la grammaire française, de la façon la plus simple et intuitive possible. Les phrases d'exercice en latin n'arriveront qu'après avoir présenté les déclinaisons de façon intelligible pour nos élèves, et donc après avoir repris les notions basiques d'analyse grammaticale.

Enfin, on le verra, ces premières leçon s'appuient sur l'ouverture de l'Énéide, qu'on fait découvrir et apprendre très progressivement aux élèves. Ainsi, chaque leçon se veut doublement profitable — d'abord en tant qu'auxiliaire du cours de français, ensuite parce qu'elle enseigne efficacement, sans poudre aux yeux, la langue latine.

En .odt, avec des commentaires pour le professeur:

18 sept. 2015

Etudier Mme Bovary en Terminale (1)

L'épreuve de littérature au bac L est à la fois extrêmement intéressante et difficile, surtout quand son programme est aussi beau qu'il l'est cette année (Mme Bovary et Œdipe-Roi). S'y préparer n'est pas une mince affaire. Pour commencer, il est indispensable de connaître de façon très approfondie l'œuvre. À nos élèves nous avions recommandé l'an dernier de s'essayer à la lecture du chef d'œuvre de Flaubert pendant les vacances, de sorte que l'étude du texte en Terminale puisse s'appuyer sur une relecture.

Cependant, au vu de la difficulté de pénétrer un tel texte pour des jeunes gens de 17 ans — et de la paresse naturelle de l'être humain — nous savions que nombreux seraient ceux qui arriveraient vierges de cette lecture au premier cours de littérature de terminale. Nous avons donc essayé de proposer un itinéraire de (re)lecture qui permette à la fois de comprendre l'œuvre et de l'apprendre assez rapidement et profondément. Lors de la première leçon, après une rapide présentation de l'année, des œuvres et des épreuves, au cours de notre introduction à Mme Bovary — tiens, nous n'avons pas parlé de réalisme ; décidément la casification des auteurs et des œuvres en « mouvements littéraires » ne nous intéresse que fort modérément... — nous avons présenté le contenu du roman avec le plan que proposait un billet précédent.

Si, du fait du programme, nous avons évoqué rapidement la question de la genèse de l'œuvre, pour commencer nous avons énoncé le véritable problème qui se pose à la lecture de ce « livre sur rien » : comment ce livre sur une femme qui trompe son mari et son ennui (j'emprunte la formule à un prof de l'être blogueur), pourrait-il ne pas être ennuyeux... alors que, de fait, il ennuie l'immense majorité des lycéens ? Nul besoin de se tordre le cerveau pour formuler une « problématique » alambiquée : le problème qui se pose crève les yeux, comme une poutre dans l'œil.

Nous en avons lu ensemble les premières pages, l'incipit, qui raconte l'entrée au collège de Charles, pour le comprendre — en établissant son plan. Nous avons pris prétexte de l'épreuve, pour laquelle il est nécessaire de connaître des passages de l'œuvre avec une grande précision, et donc, pour une bonne part, par cœur, pour demander aux élèves de choisir quelques phrases particulièrement intéressantes, de sorte que nous nous sommes demandés pourquoi elles pouvaient être intéressantes. Ils devaient relire le premier chapitre — tout en avançant aussi rapidement que possible leur première lecture, le cas échéant — pour la leçon de la semaine suivante. Voici les documents que nous avons utilisés pendant cette deuxième leçon :

Vous noterez d'abord que les documents photocopiés le sont à partir d'originaux manuscrits. C'est un point très important, en particulier parce qu'il s'agit de «donner l'exemple» quant au travail à mener sur l'œuvre ; nous y reviendrons. Les deux premières pages (une double page en réalité) permettaient de reprendre et formaliser le travail de la semaine précédente. Les extraits copiés selon le plan du texte constituent un exemple de ce que les élèves devront faire pour « ficher » le livre ; les espaces blancs laissés à leur suite sont le lieu de notes interprétatives, qui justifient le choix de chacun des extraits: nous les avons remplis ensemble.

La troisième page, sur l'ensemble du chapitre I, montre comment on peut mener le même type de travail de façon un peu plus superficielle, en proposant de se contenter, pour le milieu de ce chapitre, d'en établir un plan général, afin de deux extraits dans son mouvement final. On a fait de même pour le chapitre II, avec une fiche un peu plus lacunaire (page 4). Les élèves ont été chargés de remplir les trous de ces deux fiches pour la troisième leçon — c'est-à-dire, pour le chapitre II, à choisir l'une des trois parties que nous y avons délimitées, et, dans cette partie, de choisir un ou deux extraits particulièrement frappants.

On remarquera qu'il n'y a là absolument aucune « transposition didactique » : la méthode proposée aux élèves est exactement celle que le professeur lui-même utilise pour étudier le texte. On ne transpose ni savoir ni savoir-faire avant de le transmettre aux élèves. Tout au plus l'adapte-t-on à leur mesure, comme le paysan qui refait un mur en bord de champ fait faire à son jeune fils un tout petit bout, à sa mesure, du véritable mur (Freinet, L'éducation du travail).

N.B. D'aussi nombreux que possible moments de silence pendant lesquels les élèves apprennent par cœur une phrase ou deux sont ménagés à l'intérieur des séances de cours, afin qu'ils prennent l'habitude de cette pratique indispensable à leur étude personnelle du livre, comme les trois premières minutes, pendant lesquelles le professeur sort ses affaires et fait l'appel.

06 sept. 2015

Le pont Mirabeau

Un autre exemple de brouillon d'explication de texte, à la fois composé et linéaire (Cf. « Ne reprenez, Dames... »), avec Le Pont Mirabeau d'Apollinaire, si souvent massacré à l'oral du bac (« Ah bah c'est vachement bien passque ça parle d'amour et puis c'est moderne passqu'il y a pas de ponctuation... »)

05 sept. 2015

Commenter «Vous et vos deux frères...»

La très belle scène II de l'acte II d'Horace est ici l'occasion d'insister sur la méthode d'élaboration du commentaire d'un texte. Nous proposons ici le plan du cours que nous avons préparé afin de le montrer à des élèves de 1re L. Cette fiche a été distribuée à la classe, et la troisième partie a été laissée en blanc, afin que la méthode proposée y soit mise en application par les élèves. On remarquera la méthode légèrement différente de celle du billet précédent : nous nous écartons un tout petit peu plus du texte pour donner davantage forme au discours qu'on va produire.

P.S. Encore une fois, la fiche est manuscrite, pour montrer un exemple concret aux élèves... en tant que tel, imparfait : on voudra bien en particulier nous pardonner la désagréable pente de la mise en page :)

Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé...

Le sonnet XXIV de Louïze Labé Lionnoise est un assez joli et piquant sonnet. Nous l'avons choisi pour illustrer une façon de préparer une explication de texte — ce que la prose pédagogico-ministérielle appelle de nos jours une «lecture analytique». Il s'agit de:

  1. Copier le texte
  2. En établir le plan structuré semi-détaillé (I, II... en rouge; A, B... en vert), qu'on indique sur le côté
  3. Choisir 2 ou 3 mots, expressions, figures... remarquables au plan littéraire qu'on souligne en bleu, avec éventuellement, un mot ou deux pour se rappeler ce qu'on veut en dire.
  4. Pour chaque sous-partie, après une flèche, indiquer ce qu'on veut en dire, l'interprétation qu'on en propose (synthèse des remarques faites en bleu), de sorte qu'on transforme le plan du texte en plan du commentaire. Même chose, ensuite pour les grandes parties.

Ce qui nous paraît particulièrement intéressant dans cette méthode, c'est qu'elle contraint à coller au texte, à éviter les vains bavardages théorico-jargonnesques, fussent-ils brillants : il s'agit, au sens propre, d'ex-pliquer le texte, de déplier ce qu'on ne voit pas forcément au premier abord pour être en mesure d'en ressentir les forces. On passe le moins de temps possible à construire un discours qui jette un voile sur le texte, et le plus de temps possible à connaître et comprendre profondément le texte.

Vous noterez aussi que nous avons conservé l'écriture manuscrite : même en dehors d'une situation d'examen en temps limité, elle nous paraît un élément essentiel de l'appropriation physique du texte. D'autre part, toutes les remarques ne sont pas facilement lisibles, du fait à la fois de la caractère relâché de la graphie et des ellipses propres à un brouillon fait pour être utilisé dans les minutes qui suivent son élaboration: il ne s'agit pas de proposer une explication de texte, mais de montrer comment on peut la préparer.

24 fév. 2015

Mener l’entretien à l’oral du bac de français

Si l'on souhaitait être un peu caricatural, on pourrait affirmer que deux conceptions de l’enseignement du français au lycée s’affrontent. Pour les uns, l’objet du cours, ce sont les textes, pour les autres, l’objet du cours, celui qui est à apprendre, c’est le discours sur les textes. Or, si les professeurs ont tendance à ne pas choisir leur camp, les élèves, malheureusement, se rangent, beaucoup trop souvent,résolument dans le second camp. Ce qui suit pourrait les inciter à ne pas basculer complètement du côté obscur de la force... Ils risquent en effet d’être interrogés par des professeurs qui s’intéressent davantage à la littérature des auteurs qu’à la littérature des professeurs. C’est parce qu’ils sauront qu’ils courent ce risque qu’ils iront davantage s’aventurer sur les terres littéraires et se décideront à lire, apprendre et donc connaître les textes. Voici donc comment, conformément à la lettre et à l’esprit des programmes officiels, nous sommes quelques-uns à procéder :

Nous commençons par, le cas échéant, faire préciser le sens de tel ou tel mot du texte. Mais cela constitue davantage la fin de l’exposé que le début de l’entretien. Nous posons alors quelques questions sur les autres « lectures analytiques » de la « séquence ».

  • Quel est le texte qui vous a le plus intéressé ? Pourquoi ?
  • Vous avez aussi étudié tel texte : qu’est-ce qu’il dit ? Quel est son intérêt ? Quel rapport avec celui-ci ?

Nous faisons ensuite préciser le propos de l’élève, à la fois au plan de la réflexion sur les textes qu’au plan de la connaissance des textes, qui sont évidemment indissociables. Nous n’hésitons donc pas à inviter à l’élève de citer (donc de réciter) des passages des dits textes, puisque sans ces citations, la réflexion tourne à vide. Or l’examen ne porte pas sur les connaissances du professeur, mais sur celles de l’élève ; c’est par la mémoire de l’élève que les textes doivent devenir présents entre les deux interlocuteurs : c’est à lui de les amener « sur la table », c’est-à-dire de les faire vivre par sa voix, comme les paroles gelées que Pantagruel fait dégeler sur le pont de son navire dans le Quart Livre.

Nous procédons ensuite exactement de même pour les textes complémentaires listés pour la « séquence », si ce n’est que nous remplaçons le verbe « étudier » par le verbe « lire attentivement ». De même, le cas échéant, pour les autres textes, étudiés au cours d’une autre séquence, qui relèveraient d’un même « objet d’étude ». De même enfin, éventuellement, pour l’ensemble des textes étudiés ou lus en première, au lycée.

Nous interrogeons très rarement sur les concepts (genres et registres, mouvements, figures), qui ne nous intéressent que modérément, et uniquement si leur étude est explicitement mentionnée ou s’il nous semble que l’élève aurait envie de placer de style de « connaissance » parce qu’il ne connaît pas ses textes — par mansuétude. Ainsi, gagne des points l’élève qui a de la culture (connaît ses textes), est capable de réfléchir à leur propos. Ainsi n’en gagne pas celui qui ne connaît pas ses textes, même s’il eût pu les analyser : on ne peut pas réfléchir sur du rien. Ainsi celui qui n’a qu’une érudition morte, qui connaît ses textes seulement superficiellement, sans les comprendre, sans être capable de réfléchir à leur propos n’en gagnera que peu.

On craint quelquefois que les élèves ne soient pas capables d’apprendre les textes. Mais pourquoi diantre seraient-ils capables d’apprendre les concepts, le cours du professeur, et ne seraient-ils pas capables d’apprendre les mots, les textes et donc les idées des auteurs, qui sont quand même un tout petit peu plus intéressants ! C’est pourquoi nous avons l’audace d’inviter nos élèves à connaître et donc à apprendre leurs textes, et à ne pas apprendre les cours...Nous savons que le propos est un peu excessif ; mais la balance penche actuellement beaucoup trop de l’autre côté. Or nous ne souhaitons pas enseigner un discours sur la littérature, mais la littérature elle-même.

21 fév. 2015

Rhétorique de l'écriture d'invention 2015

Les sujets d'écriture d'invention proposés au bac de français ressemblent parfois à des sujets «d'imagination» du brevet des collèges. Mais s'ils sont proposés après deux années de lycée, au cours desquelles les élèves doivent avoir appris à voir l'originalité d'un texte littéraire, cette épreuve ne saurait se réduire à l'évaluation d'un talent inné pour «raconter des histoires» ; il s'agit ici encore de faire preuve de culture, de capacité d'analyse et de réflexion. En effet, on ne saurait exiger d'un élève de seize ou dix-sept ans d'être un grand écrivain qui révolutionnerait la littérature, tant au plan des idées qu'au plan du style; en revanche on peut lui lancer un défi exigeant mais accessible : transposer intelligemment la culture qu'il a acquise pour l'adapter au sujet qui lui est proposé.

C'est pourquoi l'on peut considérer que ces sujets d'invention sont en réalité des sujets d'imitation. Nous proposons ici une méthode pour composer de telles imitations — une rhétorique du sujet d'invention lorsqu'il est en réalité un sujet d'imitation.

P.S. Cette fiche est une nouvelle version de celle qui fut proposée dans un billet de juillet 2012.

12 fév. 2015

Commentaire de «parce que c'était lui, parce que c'était moi», de Montaigne.

Commenter un texte est chose difficile. Or çà et là on trouve des prétendus commentaires littéraires ou «lectures analytiques» qui donnent un exemple pernicieux : une association plus ou moins astucieuse d'une mauvaise paraphrase et d'un relevé formaliste de figures de style, où l'intérêt du texte disparaît sous des considérations oiseuses au sujet des «genres et registres».

Nous nous sommes donc résolus à proposer un «exemple» de commentaire littéraire, un corrigé magistral d'un exercice donné à des élèves, quoique ce soit une affaire des plus périlleuses. En effet, graver dans le marbre une telle exégèse, fût-elle menée délicatement, peut donner l'impression qu'elle pourrait valoir autant que le texte original. Non : un tel texte est, essentiellement, d'une vanité présomptueuse, et il ne vaut que dans la mesure où il ouvre la voie vers le texte commenté. C'est pourquoi, de façon générale, je préfère qu'il ait l'évanescence d'un cours magistral dispensé de vive voix.

Ce «corrigé», quoiqu'il soit, par nature, imparfait, est là pour proposer un exemple aux élèves. Cependant, cet exemple ne doit pas être pris comme la copie qu'ils auraient dû rendre. C'est le travail composé par un professeur aguerri et diplômé, qui y a passé bien plus que les misérables trois heures dont les élèves français disposent le jour du baccalauréat : on ne peut pas exiger la même chose d'un élève de seize ans qui travaille en temps limité.

C'est que la maladie dont souffre nos lycéens est généralement tout autre: la plupart n'ont pas grand-chose à dire sur le texte, et rendent un devoir étique composé en à peine une heure et demie. Il est bon de montrer qu'on peut aller beaucoup plus loin. Ainsi, pour les encourager, on pourrait leur dire sans risque de se tromper beaucoup qu'un devoir qui comporterait le tiers des analyses qui sont menées ici, fussent-elles exprimées de façon plus maladroite, obtiendrait aisément 19 ou 20/20. Disons aussi qu'avec encore moins de remarques pertinentes, un devoir d'environ cinq ou six pages manuscrites obtiendrait nécessairement, quel que soit le correcteur, au moins 16/20.

L'autre maladie, dont les lycéens ne sont pas les seuls à souffrir, c'est celle de la recomposition du texte. Le commentaire dit composé, qui fut inventé semble-t-il dans les années 60, porte en effet les germes d'une dérive scolastique tout à fait regrettable. Puisqu'il faut «composer» le commentaire, beaucoup en viennent à décomposer le texte, se contentant, en guise de commentaire, d'un relevé thématique des «champs lexicaux» que comporterait le texte, qui mène assez systématiquement à la caricature que les correcteurs des épreuves de français des bacs S et ES ont eu la douleur de corriger l'an dernier : «Nous allons tout d'abord montrer que Victor Hugo parle d'amour; nous allons ensuite montrer qu'il parle aussi de mort» : ce que j'appelle un gloubi-boulga de mauvaise paraphrase. Une bonne paraphrase qui suivrait le plan du texte y serait largement préférable !

Nous prétendons qu'il n'est pas nécessaire de recomposer le texte, puisqu'il est, en général, lui-même intelligemment composé par l'auteur, et que nous n'avons pas à charger notre mémoire d'un texte par-dessus le texte, mais seulement d'une lecture du texte lui-même qui ouvre davantage d'horizons. Notons aussi que je vois dans cet exemple une dénonciation de l'absurdité apparue voilà une vingtaine d'années : la «question sur corpus», qui, en réalité, et contraire à ce qu'elle prétend être, ne constitue pas une aide au commentaire qui suit, mais une perte de temps qui fait que l'élève ne dispose plus que de trois heures sur quatre pour la tâche extrêmement complexe que constitue la composition d'un commentaire littéraire.

08 nov. 2014

Devoirs du soir

Les devoirs du soir ne se font pas forcément le soir ; ils se font souvent le soir, mais aussi dans la journée, entre deux cours, en attendant le bus, tel ou tel ami qui est toujours en retard. Les devoirs ne sont pas de véritables devoirs, pas au sens où ils seraient une souffrance, puisqu'ils relèvent de l'étude — en latin studium, «le goût» — et, fondamentalement, ils sont en quelque sorte toujours un peu les mêmes. C'est pourquoi, plutôt que de récrire chaque jour ce qu'il y a à faire pour le lendemain, j'indique ici pour des élèves de 1re L ce qu'ils doivent faire tous les jours pour progresser en français.

22 oct. 2014

Rhétorique du commentaire

Parce que nombreux sont les amoureux des «méthodes» et des fiches, une fiche qui propose une rhétorique du commentaire de texte littéraire pour l'écrit. Elle est composée, comme de juste, selon les parties de la rhétorique qui concernent l'écrit (inventio, dispositio, elocutio — recherche des idées, élaboration du plan, rédaction):

23 sept. 2014

Discours de la méthode

Non, non, il ne s'agit pas de Descartes, mais d'un petit précis de méthode pour réussir l'année de première en français et en littérature, écrit à destination d'élèves de 1re L.

05 sept. 2014

Composer un commentaire...

Nous prétendons que suivre le plan d'un texte littéraire pour le commenter est une méthode de meilleur aloi. C'est pourquoi nous proposons ici un plan de commentaire à la fois linéaire et composé, pour le poème le plus célèbre de la littérature française. Il s'agit du plan d'un cours, très développé au début, et de moins en moins à mesure de l'avancement de l'explication :

22 août 2014

Un manuel de grammaire

Cécile Revéret vient de publier un Précis d'analyse grammaticale et logique. Ce livre est l'indispensable que nous attendions depuis longtemps. Il permet aux étudiants en Lettres, aux professeurs et instituteurs qui souhaitent compléter leur formation afin de pouvoir enseigner une grammaire plus claire, plus cohérente, plus efficace — en somme, plus pédagogique — de s'accaparer les outils d'un enseignement de la langue française accessible à tous. Comme son nom l'indique, son Précis est à la fois concis et complet, en en plus pourvu d'exercices d'entraînement corrigés.

Nous le recommandons chaudement à tous les professeurs et futurs professeurs de Lettres, classiques ou modernes.

10 août 2014

Le Cid

Des conseils pour découvrir, lire, relire Le Cid, et puis briller en société ou le jour du bac... et avoir un peu, dans l'enceinte de sa poitrine du «Beau comme Le Cid».

16 déc. 2013

La dissertation littéraire

Ce sont les anciens qui ont élaboré les méthodes pour composer des discours, et donc des dissertations; ils appelaient cet art la rhétorique. Perchons-nous donc sur leurs épaules des géants, et plagions-les avec allégresse.

La fiche ci-jointe utilise l'abréviation TTT, qui signifie "Titre du Texte, qui précise son Type, son Thème et sa Tonalité".

15 déc. 2013

Liste de livres

Une belle petite liste : les livres de la littérature française à lire avant de passer le bac, avec sa dose d'arbitraire... Il n'empêche : si vous avez effectivement lu ces 27 livres avant de passer votre bac, vous aurez de fortes chances d'obtenir une excellente note.

18 juil. 2012

L'écriture d'invention

Une méthode pour l'écriture d'invention...


24 mai 2012

Le plan d'un commentaire littéraire

Voici une fiche qui dit ce que peut être le plan d'un commentaire littéraire. Cela peut être utile ; méfiez-vous toutefois : comme toute méthode, utilisée de manière imbécile et servile, elle ne pourra donner qu'un résultat imbécile.