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Tag - explication linéaire

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06 avr. 2020

Etude de Phèdre (1)

Chers élèves de 1re,

je vous propose, comme annoncé, de commencer l'étude de Phèdre de Racine. Pour la présentation générale de l'œuvre, je vous invite à... vous débrouiller par vous-même ! L'édition du texte que vous possédez vous donne toutes les informations nécessaires, et vous saurez en trouver d'autres par le biais du Grande Toile Mondiale. Vous pourrez, si vous le souhaitez, suivre le plan que je vous propose systématiquement pour la présentation des œuvres (Époque, Auteur, Livre= TTT).

Nous passons ensuite à la première explication de texte, celle de l'aveu de Phèdre à Œnone (I, 3). Je vous invite à procéder comme je l'ai fait :

  1. Lire ou relire le début de la pièce, jusqu'à ce passage.
  2. Copier le passage, avec application et intelligence (c'est un moment important de l'étude, que je néglige rarement, parce que c'est excellent moyen de m'approprier le texte. Quī scrīpsit bis lēgit, disaient les Latins, «Qui a écrit a lu deux fois»).
  3. Chercher le sens des mots inconnus ou mal connus : superbe (#magnifique ! = orgueilleux), transir, victime (=animaux offerts en sacrifice), flancs, autel, encens, idolâtre, affecter, marâtre, hymen, s'exhaler. [A vous de faire ce travail. Attention : le but n'est pas de recopier le dictionnaire; le but est de comprendre le sens du texte; il faut donc choisir, parmi les sens proposés par le dictionnaire, celui qui convient dans le contexte.]
  4. Établir un plan cohérent du texte. Penser qu'il s'agit de mieux saisir le mouvement du texte, c'est-à-dire la façon dont la pensée avance. Ici, comme le texte est assez long, j'ai dû aller jusqu'aux sous-sous-parties. (Il faut aussi se dire que c'est une façon de se préparer à apprendre par cœur le texte: encore une fois, le but n'est pas d'apprendre le cours de votre professeur, mais d'apprendre la littérature. Le contenu à apprendre et à comprendre, c'est le texte de Racine).
  5. Préparer l'introduction, que je vous ai mise en tête, sous forme de notes, dans le document ci-joint, mais que je n'ai composée qu'après avoir suivi les étapes ci-dessus.
  6. Commencer à apprendre par cœur le texte, sous-partie par sous-partie.
La prochaine fois, je vous propose des éléments pour l'explication du texte.
Bien cordialement,
Votre professeur de Lettres

01 avr. 2020

Méthode de l'explication linéaire

Chers élèves de 1re,

une élève me demande si, le jour de l'oral l'examinateur vous une question concernant le texte à présenter.  Je vous rappelle encore une fois qu'on ne vous posera pas de question : vous analyserez comme bon vous semblera le texte sur lequel vous êtes interrogé. On me demande aussi s'il faudra «seulement le présenter de façon linéaire». Il me faut là apporter quelques précisions. Non, il ne s'agit pas de «présenter» le texte: seule l'introduction présente le texte. Le développement de l'explication, qui en est le corps, ne présente pas le texte, mais l'explique, l'analyse, l'interprète. Oui, elle le fait de façon linéaire, c'est-à-dire en suivant le mouvement du texte, la façon dont le texte avance, phrase après phrase.

Mais cette explication, pour qu'elle soit intéressante, doit d'une façon ou d'une autre, répondre à une question ou à un ensemble de questions qui se posent au premier abord de ce texte. Et c'est bien le rôle de l'introduction que de montrer quelles sont les questions littéraires que posent ce texte. Donc, en quelque sorte, l'introduction devrait «problématiser» l'explication, c'est-à-dire expliciter quel problème elle va essayer de résoudre. Je rappelle encore une fois aussi que ce problème ne saurait être:

  • «Qu'a voulu dire l'auteur ?» : la réponse à cette question doit avoir été donnée dès l'introduction. [Exception : il y a un sens évident, mais trop évident, et il s'agit alors de chercher la signification plus profonde, plus complexe, du texte.]
  • «Pourquoi l'auteur a-t-il écrit ce texte ?» : voir ci-dessus.
  • «De quoi parle le texte ?» : voir ci-dessus.
  • «Pourquoi tel personnage agit-il ainsi ?» : c'est une question qui relève de l'analyse psychologique et non de l'analyse littéraire. [On peut aborder ce problème dans l'analyse, mais ce ne peut en être le but.]
Les questions littéraires qui nous intéressent concernent l'effet produit sur le lecteur ou le spectateur :
  • «Pourquoi ce texte est-il particulièrement émouvant, touchant, drôle, choquant, provocateur, terrifiant, saisissant... ?»
  • «Pourquoi ce texte sort-il de l'ordinaire ? Pourquoi est-il nouveau, original, différent de ce que le sens commun peut attendre ?»
  • «Qu'apporte-t-il de particulier ? Pourquoi invite-t-il à une réflexion approfondie ? Pourquoi est-il dérangeant ?»
Pour que ces questions générales et passe-partout deviennent une question spécifique et adaptée au texte que vous expliquez, il faut, dans l'introduction, vous livrer à une première analyse, très rapide du texte, qui présente le texte, dit très rapidement ce qu'il "raconte", de sorte qu'on puisse dire :
  • qu'au premier abord ce texte pourrait avoir l'air assez banal pour telle ou telle raison. Le problème à traiter dans ce cas est évident : «Pourquoi ce texte est-il bien davantage que ce qu'il a l'air d'être ?» [Pourquoi la rencontre de Nemours et de Mme de Clèves est-elle bien davantage qu'un coup de foudre au bal entre les deux plus grandes beautés de la cour, sujet digne des romans à l'eau de rose les plus médiocres ?]
  • ou que dès le premier abord ce texte paraît intéressant (touchant, saisissant, étonnant...) pour telle ou telle raison. Dans ce cas, on va se demander ce qui, dans sa composition et son écriture, le rend SI intéressant, touchant, drôle, intelligent... On peut aussi se demander s'il n'est que drôle, que touchant : si son intérêt ne peut pas être plus complexe. [Pourquoi l'appel que lance Lamartine lance à la nature pour l'aider à conserver le souvenir du bonheur est-il particulièrement saisissant ?]
Évidemment, si vous prenez pas le temps de problématiser votre explication, ou si vous le faites d'une façon un peu expéditive, mais qu'ensuite votre explication est brillante, tout se passera très bien, et vous obtiendrez une excellente note. Mais je crains fort que si vous ne posez pas le problème convenablement, vous vous abandonniez lâchement à une vilaine paraphrase agrémentée d'un relevé oiseux de figures de styles, de champs lexicaux et de procédés narratologiques. De même, si vous menez brillamment votre introduction et qu'ensuite vous n'avez rien à dire d'intéressant, l'ensemble risque d'être assez calamiteux. L'essentiel, c'est la qualité du développement; et bien mener votre introduction peut vous aider à bien vous lancer dans ce développement.
— Mais monsieur, c'est la centième fois que vous nous le dites, d'une façon ou d'une autre !
— Vous avez raison. Et je risque de recommencer encore de nombreuses fois : c'est l'une des principales choses pour lesquelles je suis payé. :)
 
Bien cordialement,
Votre professeur de Lettres

Le lac (4)

Chers élèves de 1re,
vous avez (plus ou moins) étudié le poème de Lamartine, avec l'aide des notes que je vous ai transmises dans les billets précédents. Afin de vous entraîner à rédiger un commentaire à partir d'un plan, vous allez maintenant partir de ces notes pour rédiger. Je vous propose de recopier soigneusement et intelligemment — sans fautes, et en comprenant ce que vous écrivez — l'introduction et le début de la première partie que je vous ai préparées ci-dessous, en suivant sur le plan d'explication que vous avez déjà eu, ET sur le poème de Lamartine (c'est le plus important!). Pensez qu'il s'agit d'apprendre à expliquer et à commenter un texte; pensez surtout qu'il s'agit d'abord d'apprendre à lire vraiment un texte, à saisir vraiment ce qu'il dit d'intéressant.
Ensuite, selon la même logique, rédigez la suite du commentaire, à partir des notes que je vous ai proposées, en vous exprimant le plus clairement et le plus correctement possible. Ah ! mais j'en aperçois au fond qui froncent du sourcil "Mais monsieur, si on rédige tout le plan que vous nous proposez, on va écrire vingt pages !". D'accord pour les vingt pages, si vous êtes motivé ! Mais je vous propose de vous contenter de le faire sur deux ou trois pages manuscrites, en sélectionnant les passages qui vous intéressent le plus.
— Oui, mais monsieur, comment allons-nous faire le jour du bac ? Si nous faisons notre exposé en suivant vos notes, il va durer une demi-heure, soit une heure de trop !
Ah ! ce que mes élèves sont intelligents... Encore une fois ils ont raison. Alors comment faire ? Eh bien CHOISISSEZ ! C'est vraiment important de choisir : c'est la base de la pensée et de la liberté.
— Oui... mais comment allons-nous faire pour choisir ?
— Et s'il vous plaît, ne répondez pas encore une fois  qu'il nous suffit d'utiliser notre intelligence naturelle ! D'abord, nous avons la flemme d'utiliser notre intelligence, et ensuite, là vraiment, c'est trop difficile. Tout ce que vous nous proposez ici est très intéressant. Je n'arrive pas à choisir.
C'est vrai que c'est difficile, en particulier parce que le poème de Lamartine est assez long. Il faut «sabrer» dans l'explication. Je l'ai déjà fait en partie, en passant beaucoup plus vite sur certains passages : dans mes notes, les strophes 7, 8 et 9; 14 et 15 sont expliquées très rapidement. Mais pour atteindre notre objectif, il faut aller encore plus loin : vous pouvez passer complètement sur l'analyse de telle ou telle strophe, parce qu'elle ne vous semble pas tout à fait indispensable à votre propos. Coupez donc l'analyse de sous-sous parties, voire d'une sous-partie du poème, de façon à atteindre 10 minutes d'analyse orale.
— D'accord, mais c'est quand même ardu; cela demande beaucoup d'investissement : vous nous demandez de nous approprier vraiment complètement ce long poème ! Il n'y a pas moyen de s'investir un tout petit peu moins, si l'on vise simplement une bonne note, une bonne compréhension du poème, et pas forcément l'excellence ?
Que de remarques pertinentes ! Bien sûr : tout le monde n'est pas obligé de viser l'excellence. On peut légitimement se contenter du très bon. Dans ce cas, je sabre pour vous : considérez que vous n'avez pas à analyser les strophes 10 à 15. D'ailleurs, s'il se trouve que l'épreuve orale de français du baccalauréat est maintenue cette année, nous les placerons entre parenthèses, en indiquant qu'elle ne font pas partie de l'explication de texte.
Bon courage ! Profitez de ces temps à la fois très contraints par le confinement, et en même temps beaucoup plus libres pour vous construire une vraie culture, une vraie réflexion personnelles. Bien cordialement,
Votre professeur de Lettres

30 mar. 2020

Le Lac (3)

Chers élèves de 1re générale,

voici la 3e étape du travail que je vous propose sur Le Lac de Lamartine. Ce sont des notes d'explication linéaire, qui permettent aussi de rédiger un commentaire littéraire. Menez l'enquête comme dans une série policière et essayez de comprendre le plus possible quelles sont les idées que je veux développer dans cette explication, et ce que je veux vous faire remarquer pour vous aider à comprendre et à connaître le poème de Lamartine, avant que je vous en propose un commentaire rédigé qui sera une version écrite d'une explication orale.

Vous aurez compris aussi sans doute que je vous demande en même temps d'apprendre le plus possible par cœur le poème de Lamartine, avec l'aide de cette explication — parce que, comme je le répète tout le temps, le but n'est pas connaître ce que dit votre professeur sur Lamartine, le but est de connaître ce que dit Lamartine... et de le connaître avec son propre esprit, c'est-à-dire, d'une façon ou d'une autre, par cœur.

Cordialement,
M. Lakshmanan

24 mar. 2020

Le Lac (2)

Suite du billet précédent. Il s'agit du plan de mon commentaire, que j'élabore peu à peu en suivant la méthode que je vous ai proposée.

La première moitié de la page contient les notes pour mon introduction

  • Oh ! j'ai oublié de donner le TYPE du poème. [Vous auriez pu ici commencer par noter qu'il s'agit d'un poème composé de seize quatrains d'alexandrins et d'hexasyllabes (vers de six syllabes — gr. ἔξ = hex : "six", comme dans "hexagone") mêlés, où les rimes sont croisées (abab).] Ce n'est pas grave : ce n'est pas, à mon avis, le plus important ! Le plus important, c'est la suite :
  • J'ai donné ensuite le PLAN du texte, dont je vous ai montré hier comment je l'ai construit.
  • J'ai indiqué ensuite {1. Les thèmes principaux du texte} {2. L'idée générale du texte, que j'ai pu formuler en relisant le plan que j'ai construit — ce qui est, tout simplement, une façon de relire le texte de façon globale !}. J'ai dès lors vu pourquoi globalement ce poème est une façon originale de traiter les thèmes de l'amour et du temps qui passe; ce qui me permet de poser le problème que va tenter de résoudre mon commentaire ou mon explication.
La seconde moitié de la page contient le début de mon explication linéaire. Vous remarquerez que j'ai essayé de distinguer la paraphrase du texte de son commentaire, en "surlignant" ce que je dis du texte, mon commentaire du contenu du texte. Vous remarquerez aussi que j'ai écrit "Intro" non pour signaler où se trouve mon introduction, mais où se trouve mon commentaire de ce que j'appelle l'introduction du poème: le premier quatrain, où Lamartine demande, en somme : "Peut-on arrêter le temps?".
Le travail que vous pouvez faire maintenant pour progresser : rédiger le commentaire qui correspond aux notes ici transmises. Je vous mets un corrigé de cela ici demain ou après-demain, si je puis en trouver le temps.
Bien cordialement,
Votre professeur de lettres

23 mar. 2020

Le Lac (1)

Chers élèves de 1re Générale,

vous avez eu, par le biais de Pronote, le sujet qu'il était prévu de vous donner pour le bac blanc de mardi dernier. Pour vous aider à étudier le poème de Lamartine, je vous suggère de faire comme je le fais quand j'étudie un poème. Comme vous pourrez le voir ci-dessous, j'ai commencé par le copier à la main, dans les quelques moments de disponibilité que j'ai pu trouver. Je vous conseille vivement de faire de même. Pensez évidemment aussi à chercher le sens des mots ou des expressions qui vous sont inconnus ou obscurs.

Après m'être ainsi approprié quelque peu le poème, je me suis efforcé d'établir un plan du poème, avec mes crayons de couleur. Ce plan est un peu incomplet, et tout à fait imparfait; mais il permet de mieux saisir le mouvement du poème. Vous pourriez, si vous ne l'établissez pas entièrement à votre façon, le compléter, en donnant un titre au grand II.

Ensuite vous pouvez essayer d'expliquer pourquoi ce texte mérite d'être étudié, en disant, après avoir dit sommairement ce qu'il contenait, si son intérêt est dès lors évident ou pas. S'il l'est, quel peut être l'objet du commentaire ?

  • Lac_Lamartine_plan.pdf (sur smartphone Androïd, vous téléchargerez plus facilement avec Chrome qu'avec Firefox)
Confinez-vous bien; bon courage ! Bien cordialement,
M. Lakshmanan
P.S. Le sujet :

25 mai 2017

Encore «Zone»

Un autre document pour apprendre à lire et commenter un texte. Nous donnons, en complément du travail d'analyse fait en classe sur d'autres parties du poème d'Apollinaire, sur le mouvement général du texte, en complément du carnet de lecture proposé dans notre billet précédent (avec copie, établissement du mouvement de chacun des poèmes dans le poème, réflexions générales et schématiques, étude du vocabulaire...) le texte de Zone où la dernière partie, à partir de «Tu es seul le matin va venir» est commentée sous forme d'annotations au fil du texte. Il s'agit donc d'une explication véritablement linéaire du texte, mais sous sa forme écrite.

Nous donnons ce document aux élèves en leur proposant de l'étudier — c'est-à-dire de le lire en silence, à haute voix, de le copier (intelligemment!), de le reprendre sous forme de notes, de s'entraîner à partir de ces notes à une lecture analytique à l'oral. Quelques-uns feront vraiment ce travail de façon intelligente pour deux raisons: d'abord, parce que le bac est devant eux; ensuite parce que cela fait des semaines et des semaines qu'ils travaillent ce poème, qu'ils savent qu'ils risquent d'avoir à le commenter, et donc qu'ils s'interrogent dessus. Je pense en revanche que si ce document leur avait été donné dès l'abord, ils se seraient précipités dessus, auraient décrété qu'ils étaient incapables de telles analyses, et auraient fui la véritable lecture personnelle du poème, la confrontation avec le texte.

On remarquera le caractère partiel de l'analyse: tout le poème que les élèves doivent préparer pour le bac, c'est-à-dire l'ensemble de «Zone» n'est pas analysé ainsi, mais seulement la fin: il s'agit de donner l'exemple de la méthode d'analyse, de la réflexion personnelle. L'étude d'un poème aussi long donne la place d'un travail véritablement pédagogique, où le professeur fait de façon variée, l'analyse littéraire de larges morceaux devant les élèves et avec les élèves, mais pour lequel ceux-ci ont vraiment un espace d'analyse et de réflexion personnelles.

On notera aussi l'importance des références à d'autres passages de «Zone», à d'autres poèmes d'Alcools, à tel poème de Verlaine, voire à tel film; on y observera qu'elles n'ont pas seulement pour but d'étaler la culture du lecteur, mais d'abord d'éclairer et d'enrichir la lecture du texte. Elles sont beaucoup plus lisibles pour les élèves parce que ces références ont été travaillées auparavant. On observera donc aussi que c'est d'abord la connaissance de la littérature — bien davantage que celle de la théorie littéraire — qui aide à savoir lire un texte littéraire.