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25 mai 2017

Encore «Zone»

Un autre document pour apprendre à lire et commenter un texte. Nous donnons, en complément du travail d'analyse fait en classe sur d'autres parties du poème d'Apollinaire, sur le mouvement général du texte, en complément du carnet de lecture proposé dans notre billet précédent (avec copie, établissement du mouvement de chacun des poèmes dans le poème, réflexions générales et schématiques, étude du vocabulaire...) le texte de Zone où la dernière partie, à partir de «Tu es seul le matin va venir» est commentée sous forme d'annotations au fil du texte. Il s'agit donc d'une explication véritablement linéaire du texte, mais sous sa forme écrite.

Nous donnons ce document aux élèves en leur proposant de l'étudier — c'est-à-dire de le lire en silence, à haute voix, de le copier (intelligemment!), de le reprendre sous forme de notes, de s'entraîner à partir de ces notes à une lecture analytique à l'oral. Quelques-uns feront vraiment ce travail de façon intelligente pour deux raisons: d'abord, parce que le bac est devant eux; ensuite parce que cela fait des semaines et des semaines qu'ils travaillent ce poème, qu'ils savent qu'ils risquent d'avoir à le commenter, et donc qu'ils s'interrogent dessus. Je pense en revanche que si ce document leur avait été donné dès l'abord, ils se seraient précipités dessus, auraient décrété qu'ils étaient incapables de telles analyses, et auraient fui la véritable lecture personnelle du poème, la confrontation avec le texte.

On remarquera le caractère partiel de l'analyse: tout le poème que les élèves doivent préparer pour le bac, c'est-à-dire l'ensemble de «Zone» n'est pas analysé ainsi, mais seulement la fin: il s'agit de donner l'exemple de la méthode d'analyse, de la réflexion personnelle. L'étude d'un poème aussi long donne la place d'un travail véritablement pédagogique, où le professeur fait de façon variée, l'analyse littéraire de larges morceaux devant les élèves et avec les élèves, mais pour lequel ceux-ci ont vraiment un espace d'analyse et de réflexion personnelles.

On notera aussi l'importance des références à d'autres passages de «Zone», à d'autres poèmes d'Alcools, à tel poème de Verlaine, voire à tel film; on y observera qu'elles n'ont pas seulement pour but d'étaler la culture du lecteur, mais d'abord d'éclairer et d'enrichir la lecture du texte. Elles sont beaucoup plus lisibles pour les élèves parce que ces références ont été travaillées auparavant. On observera donc aussi que c'est d'abord la connaissance de la littérature — bien davantage que celle de la théorie littéraire — qui aide à savoir lire un texte littéraire.

05 fév. 2017

Composer un commentaire littéraire (suite)

Encore un exemple de travail préparatoire à la rédaction d'un commentaire littéraire:

  1. Copie du texte (étape qui doit probablement être sautée le jour du bac, à cause du chronomètre).
  2. Établissement du mouvement du texte.
  3. Plan de l'introduction, avec, éventuellement la pose du problème et l'annonce de plan rédigées.
  4. Plan du commentaire.

On peut proposer ces documents à des élèves selon différentes modalités. Par exemple, après explicitation d'une sous-partie ou d'une sous-sous-partie, on peut leur demander de la rédiger. Dans ce cas, j'annoncerais le «but», expliciterais le morceau d'explication de texte, ferais écrire pendant quelques minutes, puis ferais lire le résultat.

Il me semble important ici de faire attention à prévenir plutôt que guérir en indiquant dans quel esprit ils doivent écrire :

  • penser au lecteur, avoir vraiment l'intention de dire quelque chose, et non écrire pour écrire, pour seulement satisfaire à une consigne ;
  • méditer, voire se marmonner une seule phrase qui tient dans la mémoire jusqu'à ce qu'elle soit satisfaisante, puis se la dicter en veillant à l'orthographe et à la ponctuation ;
  • recommencer pour la deuxième phrase en imaginant toujours le lecteur...

19 mai 2016

Questionner un texte

Apprendre à commenter un texte est une tâche très difficile pour les élèves. Pour ce faire, peut-être des questionnaires guidés sur les textes sont-ils utiles. Mais il me semble que le plus souvent, les questionnaires proposés invitent les élèves à un impressionnisme de mauvais aloi, à un manque d'attention à la matière du texte. Je me suis donc proposé de réaliser un questionnaire de lecture qui inviterait à une véritable analyse du texte, en l'occurrence pour un extrait de Bérénice.

C'est le genre de travail qui, me semble-t-il, peut être proposé aux élèves pour les aider à progresser dans le cadre des devoirs faits à la maison. En tout cas, il me semble que c'est ce genre de propédeutique qu'il est bon de proposer en classe de seconde, lorsqu'on initie à l'exercice du commentaire et de l'explication de texte — qu'on peut appeler, si on a le goût de changer le nom des choses tous les dix ans, «lecture méthodique» ou «lecture analytique».

06 sept. 2015

Le pont Mirabeau

Un autre exemple de brouillon d'explication de texte, à la fois composé et linéaire (Cf. « Ne reprenez, Dames... »), avec Le Pont Mirabeau d'Apollinaire, si souvent massacré à l'oral du bac (« Ah bah c'est vachement bien passque ça parle d'amour et puis c'est moderne passqu'il y a pas de ponctuation... »)

05 sept. 2015

Commenter «Vous et vos deux frères...»

La très belle scène II de l'acte II d'Horace est ici l'occasion d'insister sur la méthode d'élaboration du commentaire d'un texte. Nous proposons ici le plan du cours que nous avons préparé afin de le montrer à des élèves de 1re L. Cette fiche a été distribuée à la classe, et la troisième partie a été laissée en blanc, afin que la méthode proposée y soit mise en application par les élèves. On remarquera la méthode légèrement différente de celle du billet précédent : nous nous écartons un tout petit peu plus du texte pour donner davantage forme au discours qu'on va produire.

P.S. Encore une fois, la fiche est manuscrite, pour montrer un exemple concret aux élèves... en tant que tel, imparfait : on voudra bien en particulier nous pardonner la désagréable pente de la mise en page :)