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01 avr. 2020

Le lac (4)

Chers élèves de 1re,
vous avez (plus ou moins) étudié le poème de Lamartine, avec l'aide des notes que je vous ai transmises dans les billets précédents. Afin de vous entraîner à rédiger un commentaire à partir d'un plan, vous allez maintenant partir de ces notes pour rédiger. Je vous propose de recopier soigneusement et intelligemment — sans fautes, et en comprenant ce que vous écrivez — l'introduction et le début de la première partie que je vous ai préparées ci-dessous, en suivant sur le plan d'explication que vous avez déjà eu, ET sur le poème de Lamartine (c'est le plus important!). Pensez qu'il s'agit d'apprendre à expliquer et à commenter un texte; pensez surtout qu'il s'agit d'abord d'apprendre à lire vraiment un texte, à saisir vraiment ce qu'il dit d'intéressant.
Ensuite, selon la même logique, rédigez la suite du commentaire, à partir des notes que je vous ai proposées, en vous exprimant le plus clairement et le plus correctement possible. Ah ! mais j'en aperçois au fond qui froncent du sourcil "Mais monsieur, si on rédige tout le plan que vous nous proposez, on va écrire vingt pages !". D'accord pour les vingt pages, si vous êtes motivé ! Mais je vous propose de vous contenter de le faire sur deux ou trois pages manuscrites, en sélectionnant les passages qui vous intéressent le plus.
— Oui, mais monsieur, comment allons-nous faire le jour du bac ? Si nous faisons notre exposé en suivant vos notes, il va durer une demi-heure, soit une heure de trop !
Ah ! ce que mes élèves sont intelligents... Encore une fois ils ont raison. Alors comment faire ? Eh bien CHOISISSEZ ! C'est vraiment important de choisir : c'est la base de la pensée et de la liberté.
— Oui... mais comment allons-nous faire pour choisir ?
— Et s'il vous plaît, ne répondez pas encore une fois  qu'il nous suffit d'utiliser notre intelligence naturelle ! D'abord, nous avons la flemme d'utiliser notre intelligence, et ensuite, là vraiment, c'est trop difficile. Tout ce que vous nous proposez ici est très intéressant. Je n'arrive pas à choisir.
C'est vrai que c'est difficile, en particulier parce que le poème de Lamartine est assez long. Il faut «sabrer» dans l'explication. Je l'ai déjà fait en partie, en passant beaucoup plus vite sur certains passages : dans mes notes, les strophes 7, 8 et 9; 14 et 15 sont expliquées très rapidement. Mais pour atteindre notre objectif, il faut aller encore plus loin : vous pouvez passer complètement sur l'analyse de telle ou telle strophe, parce qu'elle ne vous semble pas tout à fait indispensable à votre propos. Coupez donc l'analyse de sous-sous parties, voire d'une sous-partie du poème, de façon à atteindre 10 minutes d'analyse orale.
— D'accord, mais c'est quand même ardu; cela demande beaucoup d'investissement : vous nous demandez de nous approprier vraiment complètement ce long poème ! Il n'y a pas moyen de s'investir un tout petit peu moins, si l'on vise simplement une bonne note, une bonne compréhension du poème, et pas forcément l'excellence ?
Que de remarques pertinentes ! Bien sûr : tout le monde n'est pas obligé de viser l'excellence. On peut légitimement se contenter du très bon. Dans ce cas, je sabre pour vous : considérez que vous n'avez pas à analyser les strophes 10 à 15. D'ailleurs, s'il se trouve que l'épreuve orale de français du baccalauréat est maintenue cette année, nous les placerons entre parenthèses, en indiquant qu'elle ne font pas partie de l'explication de texte.
Bon courage ! Profitez de ces temps à la fois très contraints par le confinement, et en même temps beaucoup plus libres pour vous construire une vraie culture, une vraie réflexion personnelles. Bien cordialement,
Votre professeur de Lettres

06 sept. 2015

Le pont Mirabeau

Un autre exemple de brouillon d'explication de texte, à la fois composé et linéaire (Cf. « Ne reprenez, Dames... »), avec Le Pont Mirabeau d'Apollinaire, si souvent massacré à l'oral du bac (« Ah bah c'est vachement bien passque ça parle d'amour et puis c'est moderne passqu'il y a pas de ponctuation... »)

05 sept. 2015

Commenter «Vous et vos deux frères...»

La très belle scène II de l'acte II d'Horace est ici l'occasion d'insister sur la méthode d'élaboration du commentaire d'un texte. Nous proposons ici le plan du cours que nous avons préparé afin de le montrer à des élèves de 1re L. Cette fiche a été distribuée à la classe, et la troisième partie a été laissée en blanc, afin que la méthode proposée y soit mise en application par les élèves. On remarquera la méthode légèrement différente de celle du billet précédent : nous nous écartons un tout petit peu plus du texte pour donner davantage forme au discours qu'on va produire.

P.S. Encore une fois, la fiche est manuscrite, pour montrer un exemple concret aux élèves... en tant que tel, imparfait : on voudra bien en particulier nous pardonner la désagréable pente de la mise en page :)

Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé...

Le sonnet XXIV de Louïze Labé Lionnoise est un assez joli et piquant sonnet. Nous l'avons choisi pour illustrer une façon de préparer une explication de texte — ce que la prose pédagogico-ministérielle appelle de nos jours une «lecture analytique». Il s'agit de:

  1. Copier le texte
  2. En établir le plan structuré semi-détaillé (I, II... en rouge; A, B... en vert), qu'on indique sur le côté
  3. Choisir 2 ou 3 mots, expressions, figures... remarquables au plan littéraire qu'on souligne en bleu, avec éventuellement, un mot ou deux pour se rappeler ce qu'on veut en dire.
  4. Pour chaque sous-partie, après une flèche, indiquer ce qu'on veut en dire, l'interprétation qu'on en propose (synthèse des remarques faites en bleu), de sorte qu'on transforme le plan du texte en plan du commentaire. Même chose, ensuite pour les grandes parties.

Ce qui nous paraît particulièrement intéressant dans cette méthode, c'est qu'elle contraint à coller au texte, à éviter les vains bavardages théorico-jargonnesques, fussent-ils brillants : il s'agit, au sens propre, d'ex-pliquer le texte, de déplier ce qu'on ne voit pas forcément au premier abord pour être en mesure d'en ressentir les forces. On passe le moins de temps possible à construire un discours qui jette un voile sur le texte, et le plus de temps possible à connaître et comprendre profondément le texte.

Vous noterez aussi que nous avons conservé l'écriture manuscrite : même en dehors d'une situation d'examen en temps limité, elle nous paraît un élément essentiel de l'appropriation physique du texte. D'autre part, toutes les remarques ne sont pas facilement lisibles, du fait à la fois de la caractère relâché de la graphie et des ellipses propres à un brouillon fait pour être utilisé dans les minutes qui suivent son élaboration: il ne s'agit pas de proposer une explication de texte, mais de montrer comment on peut la préparer.