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06 mai 2017

Alcools — un carnet de lecture

Quī scrīpsit bis lēgit. Une bonne façon de lire, c’est d’écrire — aussi bien pour les professeurs que pour les élèves. Je donne ici un exemple de carnet de lecture sur Alcools d’Apollinaire, qu’ils doivent étudier en tant qu’ « œuvre intégrale » pour la présenter à l’oral des épreuves anticipées du baccalauréat. Le fait de le donner en exemple me semble important : il ne s’agit pas en effet seulement d’un travail scolaire, d’un pensum fastidieux pour de malheureux élèves accablés de travail ; il s’agit d’apprendre à faire quelque chose qu’on peut continuer à faire adulte... et qui peut rendre heureux !

On le verra donc, deux principes président à la tenue d’un tel carnet de lecture : discere et dēlēctārī — apprendre et se faire plaisir. C’est pourquoi l’on prend un beau cahier ; c’est pourquoi l’on écrit à la main, et même à la plume. C’est pourquoi l’essentiel de ce carnet de lecture consiste dans la simple copie de poèmes ou d’extraits de poèmes.

D’autre part, puisqu’il s’agit d’apprendre, et qu’on a jamais fini d’apprendre, ce carnet se veut inachevé : on peut toujours en rajouter. Ainsi de nombreuses pages blanches, en regard des poèmes copiés n’ont-ils pas été scannés ici : ils sont la porte ouverte à des réflexions, des recherches, des dessins, la copie d’autres poèmes en écho à ceux qui sont là. Il reste encore une vingtaine de pages pour ajouter d’autres poèmes lorsqu’un jour je reviendrai dans Alcools

Enfin, les embryons d’analyse qui sont notés ici pour quelques-uns des poèmes se basent avant tout sur la construction du mouvement du texte : IL FAUT absolument presque à chaque fois commencer par cela, sans quoi l’analyse littéraire risque fort d’aboutir à une pitoyable bouillie pour les chats — et encore serait-elle bien indigeste pour l’orgueil de la maison.

Le carnet de vocabulaire

De l'autre côté, la fin du carnet a été réservée à l’étude du vocabulaire. J’y ai relevé les mots que je connaissais peu ou mal, en particulier si je pensais que je ne saurais pas très clairement en expliquer le sens à mes élèves : c’est très exactement ce que doit faire un élève qui, le jour du bac, se voit prendre la place du professeur, et doit expliquer le texte à l’examinateur un peu comme si celui-ci était un élève.

J’y ai surtout copié à nouveau, pour chaque mot, le passage dont je l’ai tiré — d’abord pour le plaisir de copier de l’Apollinaire, ensuite pour m’approprier davantage son style, en le faisant rentrer dans la mémoire de la main, enfin parce que je ne pourrais pas relire de telles pages d’étude du vocabulaire si elles n’évoquaient pas d’images précises, rappelant les sentiments éprouvés et les réflexions à la lecture du poème.

Ces études de vocabulaire sont elles aussi inachevées : il ne s’agit pas de tout étudier tout de suite ; il s’agit d’étudier le plus possible pour apprendre le plus possible et le plus longtemps possible.

05 fév. 2017

Composer un commentaire littéraire (suite)

Encore un exemple de travail préparatoire à la rédaction d'un commentaire littéraire:

  1. Copie du texte (étape qui doit probablement être sautée le jour du bac, à cause du chronomètre).
  2. Établissement du mouvement du texte.
  3. Plan de l'introduction, avec, éventuellement la pose du problème et l'annonce de plan rédigées.
  4. Plan du commentaire.

On peut proposer ces documents à des élèves selon différentes modalités. Par exemple, après explicitation d'une sous-partie ou d'une sous-sous-partie, on peut leur demander de la rédiger. Dans ce cas, j'annoncerais le «but», expliciterais le morceau d'explication de texte, ferais écrire pendant quelques minutes, puis ferais lire le résultat.

Il me semble important ici de faire attention à prévenir plutôt que guérir en indiquant dans quel esprit ils doivent écrire :

  • penser au lecteur, avoir vraiment l'intention de dire quelque chose, et non écrire pour écrire, pour seulement satisfaire à une consigne ;
  • méditer, voire se marmonner une seule phrase qui tient dans la mémoire jusqu'à ce qu'elle soit satisfaisante, puis se la dicter en veillant à l'orthographe et à la ponctuation ;
  • recommencer pour la deuxième phrase en imaginant toujours le lecteur...

La question du vocabulaire

Les élèves demandent souvent ce qu'ils doivent «réviser» pour préparer les épreuves de français au baccalauréat. On peut quelquefois les enjoindre à réviser les «méthodes». Je pense que là n'est pas l'essentiel. Ce qu'on attend à l'épreuve de français du bac, c'est d'abord la maîtrise du français, et donc pour commencer, de son vocabulaire. Entendons-nous bien : le vocabulaire qui nous intéresse n'est pas essentiellement le vocabulaire technique de l'analyse littéraire, mais celui de la littérature.

Le bac blanc auquel nous avons soumis nos élèves et qui m'occupe actuellement est à cet égard tout à fait révélateur. Il proposait un extrait de Mme Bovary («Charbovary»), un extrait de L'homme qui rit où Gwynplaine est anéanti par le déferlement des rires à la chambre des Lords, et un autre du Moulin de Pologne de Giono, où la bourgeoisie provinciale humilie de ses rires grinçants une jeune femme défigurée qui se donne en spectacle en dansant seule. Or ce «corpus» de textes comportait une soixantaine de mots qui font difficulté pour nombre d'élèves. En voici le relevé:

Et encore n'évoquons-nous pas ici l'aide qu'apporterait quelques connaissances historiques sur l'Angleterre au XVIIe siècle. Dans mes classes, je pense qu'au moins les deux-tiers des élèves ne comprennent pas les deux-tiers de ces mots. Autrement dit, il nous faut travailler à trouver les moyens d'aider les élèves à acquérir ce vocabulaire, bien avant d'enseigner l'hyperbole et l'hypotypose, la focalisation zéro et le narrateur homodiégétique, le mouvement baroque et le symbolisme. Ce sera à la fois utile pour la note au bac et — ce qui est beaucoup plus important — utile pour la vie. Nōn sōlum scholæ sed etiam vītæ doceāmus.

04 fév. 2017

Premières lignes de L'ÉTRANGER

Comme nous discutions naguère avec une collègue de la possibilité de commenter un texte en suivant son plan, je relevai le défi pour les premières lignes de L'étranger. Voici ma proposition.

Le document commence par la copie manuelle du texte, préalable que je recommande vivement à mes élèves, et que je leur donne donc en exemple. J'ai numéroté en vers les phrases dans chaque paragraphe, procédé que je préfère à la numérotation des lignes: il est à la fois plus stable, puisqu'il ne dépend pas de l'édition, et plus pertinent pour l'analyse du texte.

La page trois présente, avant les notes pour l'introduction, l'établissement du plan — ou mouvement — du texte. On y voit à la fois le résultat et le processus pour y aboutir. L'annonce de plan n'est pas indiquée dans la note d'introduction: l'orateur n'a qu'à se reporter aux titres en rouge des parties, pages 4 et 6. Vous aurez compris que les titres et conclusions des parties sont en rouge, ceux des sous-parties en vert.

J'utilise quelquefois ce genre de documents pour demander à mes élèves d'y suivre mon explication, pour leur demander d'en restituer, à l'oral certaines parties. Je peux leur demander aussi de refaire telle page en la schématisant davantage: ces notes sont en effet un peu trop rédigées pour laisser une liberté suffisante à l'orateur. Je peux aussi leur demander de les reprendre en sélectionnant les remarques qui leur paraissent les plus pertinentes, afin que l'explication tienne dans les dix minutes réglementaires par exemple.

15 janv. 2017

La question sur un corpus au bac de français

Bien que nous soyons très favorable à la disparition de cet exercice, qui complique excessivement la tâche des élèves, en leur ôtant le temps de composer correctement leur commentaire, leur dissertation ou leur «écriture d'invention», nous leur proposons quelques conseils pour le réussir au mieux, sans perdre trop de temps.

Nos élèves ayant subi naguère un «bac blanc» sur des extraits de Flaubert, Hugo et Giono, voici un exemple de corrigé pour la question «Comment ces trois récits rendent-ils sensible la violence exercée par le rire sur le personnage principal ?». Nous proposons ici non une réponse rédigée, mais un exemple de ce qu'ils auraient pu faire au brouillon pour préparer leur réponse.

27 mar. 2016

Œdipe Roi

Pour relire l'Œdipe Roi de Sophocle, en saisir mieux la structure, pour éventuellement le comparer avec le film de Pasolini, on peut se servir du plan que nous en avons établi ci-dessous. On apercevra en particulier l'évolution du chœur, en reliant la parodos et les stasima. On pourra ainsi travailler aux transpositions que Pasolini en fait dans son film (images, chants et autres transformations). On remarquera aussi la place centrale du deuxième épisode, lui-même articulé autour du commos qui amène la stupéfiante scène d'intimité entre Œdipe et Jocaste.

P.S. Deux représentations d'Œdipe-Roi au grand auditorium de la BNF, dans le cadre des Dionysies organisées par la compagnie Démodocos: dimanche 3 avril à 15 heures, mercredi 6 avril à 18 heures.

12 mar. 2016

Bac de littérature — Mme Bovary

L'épreuve de littérature au bac L est particulièrement difficile à négocier du fait de son format : il faut répondre à deux questions littéraires, sur l'une des deux œuvres au programme, en deux petites heures. Les questions impliquent une réflexion à la fois élaborée et rapide, au sujet d'œuvres, en tout cas cette année, particulièrement difficiles: Mme Bovary d'un côté et Œdipe Roi vu par Sophocle et par Pasolini, de l'autre.

Pour donner une idée de ce qu'on peut attendre d'un élève de Terminale, voici un sujet que j'ai pu donner à mes élèves, avec une proposition de corrigé, qui tient compte de la contrainte de temps : je l'ai réalisé en une petite heure et demie. Ce n'est donc pas impossible d'y parvenir en deux heures pour un élève. Remarquez la quantité que représente un tel devoir : en deux heures, il ne paraît pas raisonnable de chercher à rédiger beaucoup plus qu'une copie double (avec une écriture de taille moyenne, telle qu'on l'attend le jour du bac).

Remarquez aussi ce qu'il en est de l'annonce de plan : pour la question sur douze points, je ne l'ai rédigée qu'après coup. Il faut en effet se lancer dans la rédaction très vite après avoir choisi les exemples qu'on analyserait, et je n'ai pu me tenir à ce que j'avais prévu initialement. J'ai donc permis à la réflexion de se développer, et me suis arrêté après avoir développé trois idées différentes. C'est alors que j'ai rédigé mon annonce de plan, pour laquelle j'avais laissé de la place. Pour la seconde question, sur huit points, le développement d'une idée m'amenait déjà à deux pages de réflexion et 35 minutes de travail: je me suis arrêté et ai annoncé, après coup que je ne travaillerai qu'à partir d'un exemple (quoique je l'eusse utilisé en articulant une citation avec sa place dans l'architecture du récit, et eusse donc évoqué trois éléments textuels différents — une phrase, le rapport entre le titre et les personnages qu'il évoque, et le rapport entre les deux morts des deux Mme Bovary).

27 nov. 2015

Les personnages de Mme Bovary

Le fichier ci-joint peut être utile à une relecture de Mme Bovary, à une étude de tel ou tel personnage. Il reprend le plan que nous proposâmes dans un billet précédent, et y ajoute les personnages présents dans chacun des chapitres — ceux qui font leur première apparition étant marqués d'une flèche. Il y a quelques inexactitudes (nous n'avons pas pointé avec précision la première apparition de Vinçart, par exemple), des choix discutables (considérer l'Hirondelle ou Djali comme des personnages, par exemple ; exclure tel personnage secondaire plutôt que tel autre, etc.), révisables.

18 sept. 2015

Etudier Mme Bovary en Terminale (1)

L'épreuve de littérature au bac L est à la fois extrêmement intéressante et difficile, surtout quand son programme est aussi beau qu'il l'est cette année (Mme Bovary et Œdipe-Roi). S'y préparer n'est pas une mince affaire. Pour commencer, il est indispensable de connaître de façon très approfondie l'œuvre. À nos élèves nous avions recommandé l'an dernier de s'essayer à la lecture du chef d'œuvre de Flaubert pendant les vacances, de sorte que l'étude du texte en Terminale puisse s'appuyer sur une relecture.

Cependant, au vu de la difficulté de pénétrer un tel texte pour des jeunes gens de 17 ans — et de la paresse naturelle de l'être humain — nous savions que nombreux seraient ceux qui arriveraient vierges de cette lecture au premier cours de littérature de terminale. Nous avons donc essayé de proposer un itinéraire de (re)lecture qui permette à la fois de comprendre l'œuvre et de l'apprendre assez rapidement et profondément. Lors de la première leçon, après une rapide présentation de l'année, des œuvres et des épreuves, au cours de notre introduction à Mme Bovary — tiens, nous n'avons pas parlé de réalisme ; décidément la casification des auteurs et des œuvres en « mouvements littéraires » ne nous intéresse que fort modérément... — nous avons présenté le contenu du roman avec le plan que proposait un billet précédent.

Si, du fait du programme, nous avons évoqué rapidement la question de la genèse de l'œuvre, pour commencer nous avons énoncé le véritable problème qui se pose à la lecture de ce « livre sur rien » : comment ce livre sur une femme qui trompe son mari et son ennui (j'emprunte la formule à un prof de l'être blogueur), pourrait-il ne pas être ennuyeux... alors que, de fait, il ennuie l'immense majorité des lycéens ? Nul besoin de se tordre le cerveau pour formuler une « problématique » alambiquée : le problème qui se pose crève les yeux, comme une poutre dans l'œil.

Nous en avons lu ensemble les premières pages, l'incipit, qui raconte l'entrée au collège de Charles, pour le comprendre — en établissant son plan. Nous avons pris prétexte de l'épreuve, pour laquelle il est nécessaire de connaître des passages de l'œuvre avec une grande précision, et donc, pour une bonne part, par cœur, pour demander aux élèves de choisir quelques phrases particulièrement intéressantes, de sorte que nous nous sommes demandés pourquoi elles pouvaient être intéressantes. Ils devaient relire le premier chapitre — tout en avançant aussi rapidement que possible leur première lecture, le cas échéant — pour la leçon de la semaine suivante. Voici les documents que nous avons utilisés pendant cette deuxième leçon :

Vous noterez d'abord que les documents photocopiés le sont à partir d'originaux manuscrits. C'est un point très important, en particulier parce qu'il s'agit de «donner l'exemple» quant au travail à mener sur l'œuvre ; nous y reviendrons. Les deux premières pages (une double page en réalité) permettaient de reprendre et formaliser le travail de la semaine précédente. Les extraits copiés selon le plan du texte constituent un exemple de ce que les élèves devront faire pour « ficher » le livre ; les espaces blancs laissés à leur suite sont le lieu de notes interprétatives, qui justifient le choix de chacun des extraits: nous les avons remplis ensemble.

La troisième page, sur l'ensemble du chapitre I, montre comment on peut mener le même type de travail de façon un peu plus superficielle, en proposant de se contenter, pour le milieu de ce chapitre, d'en établir un plan général, afin de deux extraits dans son mouvement final. On a fait de même pour le chapitre II, avec une fiche un peu plus lacunaire (page 4). Les élèves ont été chargés de remplir les trous de ces deux fiches pour la troisième leçon — c'est-à-dire, pour le chapitre II, à choisir l'une des trois parties que nous y avons délimitées, et, dans cette partie, de choisir un ou deux extraits particulièrement frappants.

On remarquera qu'il n'y a là absolument aucune « transposition didactique » : la méthode proposée aux élèves est exactement celle que le professeur lui-même utilise pour étudier le texte. On ne transpose ni savoir ni savoir-faire avant de le transmettre aux élèves. Tout au plus l'adapte-t-on à leur mesure, comme le paysan qui refait un mur en bord de champ fait faire à son jeune fils un tout petit bout, à sa mesure, du véritable mur (Freinet, L'éducation du travail).

N.B. D'aussi nombreux que possible moments de silence pendant lesquels les élèves apprennent par cœur une phrase ou deux sont ménagés à l'intérieur des séances de cours, afin qu'ils prennent l'habitude de cette pratique indispensable à leur étude personnelle du livre, comme les trois premières minutes, pendant lesquelles le professeur sort ses affaires et fait l'appel.

05 sept. 2015

Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé...

Le sonnet XXIV de Louïze Labé Lionnoise est un assez joli et piquant sonnet. Nous l'avons choisi pour illustrer une façon de préparer une explication de texte — ce que la prose pédagogico-ministérielle appelle de nos jours une «lecture analytique». Il s'agit de:

  1. Copier le texte
  2. En établir le plan structuré semi-détaillé (I, II... en rouge; A, B... en vert), qu'on indique sur le côté
  3. Choisir 2 ou 3 mots, expressions, figures... remarquables au plan littéraire qu'on souligne en bleu, avec éventuellement, un mot ou deux pour se rappeler ce qu'on veut en dire.
  4. Pour chaque sous-partie, après une flèche, indiquer ce qu'on veut en dire, l'interprétation qu'on en propose (synthèse des remarques faites en bleu), de sorte qu'on transforme le plan du texte en plan du commentaire. Même chose, ensuite pour les grandes parties.

Ce qui nous paraît particulièrement intéressant dans cette méthode, c'est qu'elle contraint à coller au texte, à éviter les vains bavardages théorico-jargonnesques, fussent-ils brillants : il s'agit, au sens propre, d'ex-pliquer le texte, de déplier ce qu'on ne voit pas forcément au premier abord pour être en mesure d'en ressentir les forces. On passe le moins de temps possible à construire un discours qui jette un voile sur le texte, et le plus de temps possible à connaître et comprendre profondément le texte.

Vous noterez aussi que nous avons conservé l'écriture manuscrite : même en dehors d'une situation d'examen en temps limité, elle nous paraît un élément essentiel de l'appropriation physique du texte. D'autre part, toutes les remarques ne sont pas facilement lisibles, du fait à la fois de la caractère relâché de la graphie et des ellipses propres à un brouillon fait pour être utilisé dans les minutes qui suivent son élaboration: il ne s'agit pas de proposer une explication de texte, mais de montrer comment on peut la préparer.

02 sept. 2015

Phèdre de Sénèque

La Phèdre de Sénèque est au programme du baccalauréat pour le latin en 2016 et 2017. Nous en avons sélectionné quelques extraits particulièrement frappants, dont on pourrait proposer l'étude à des élèves de Terminale. Les voyelles longues, comme d'habitude, sont notées; nous avons utilisé la typographie pour rendre sensible le mouvement des textes, en particulier pour les extraits longs. Ils pourront ainsi être facilement coupés pour que leur longueur soit abordable. Les voyelles élidées sont notées «en exposant», afin de faciliter la scansion à haute voix des sénaires iambiques, dimètres anapestiques et autres asclépiades mineurs.

Notez que ce type de présentation des textes est fort commode pour le baccalauréat : la quasi-absence de notes permet aux candidats de mettre en valeur leurs connaissances en en donnant pas le sentiment qu'ils se contentent de relire ce que l'appareil éditorial leur fournit.

On s'apercevra, à la lecture à haute voix, en latin, que Sénèque le tragique est beaucoup moins indigeste qu'il ne paraît l'être quand on le découvre en français dans une traduction universitaire — quoique nous n'ayons pas encore eu l'occasion d'éprouver celle de Florence Dupont.

P.S. le fichier .odt permettra à ceux qui le souhaitent de mettre en page ces textes comme ils le souhaitent, en particulier si les voyelles élidées en forme d'apostrophes ne leur plaisent guère.

21 juin 2015

Petite chrestomathie de la philosophie latine (1)

Nous inaugurons ici, avec Lucrèce, une collection de textes utiles pour apprendre — une chrestomathie, donc — le latin et la philosophie. Elle couvrira l'ensemble de la latinité, du premier siècle avant J.-C. au XVIIe. En voici le programme provisoire, élaboré avec l'aide de quelques internautes philosophes :

I. Anciens

  1. Lucrèce, Dē rērum nātūrā, début du livre II 
  2. Cicéron, De officiīs, Dē amīcitiā ?
  3. Sénèque, Lettres à Lucilius
  4. Saint Augustin, chapitre X des Confessions, ou XI, IV, ch. 4
  5. Boèce, Consolation
  6. Jean Scot Erigène

II. Médiévaux

  1. Abélard
  2. Roger Bacon
  3. Saint Thomas
  4. Guillaume d'Ockham
  5. Anselme, chapitres II-III-IV du Proslogion
  6. Duns Scot

III. Humanistes

  1. Nicolas de Cues
  2. Marsile Ficin, In convivium, VI, 17
  3. Pic de la Mirandole
  4. Erasme
  5. Thomas More, L’Utopie
  6. Calvin

IV. Classiques

  1. Giordano Bruno, Le banquet des Cendres
  2. Gassendi
  3. Descartes, Meditationes, II, « Le morceau de cire »
  4. Spinoza, Traité théologico-politique, XX, 14-15 « Eloge de la liberté » ; incipit du Tractatus de Intellectus Emendatione.
  5. Locke, Epistola de Tolerantia
  6. Hobbes, Leviathan ou De Cive

03 juin 2015

Un sujet de bac et son corrigé pour l'invention

Voici un sujet de bac de français, sur la poésie, avec une proposition de corrigé pour l'invention, où l'on verra que l'invention est un exercice d'imitation :

28 mai 2015

Miaulements guerriers

Dans un billet récent, nous proposions un sujet de bac dont le commentaire portait sur un extraits des Caractères de La Bruyère. Voici un document qui peut permettre de travailler l'explication du texte avec des élèves de 1re. Des alinéas et des notes en marges sont adjoints au texte afin d'en faire apparaître le plan. Des éléments du texte sont soulignés, italiqués, grassifiés et pourvus de remarques schématiques d'analyse littéraire : le travail d'inventiō (l'invention, la recherche des idées) du commentaire est pratiquement complet. Il ne reste plus qu'à organiser le propos (la dispositiō, la construction du plan) et à le formuler (l'ēlocūtiō, la mise en mots)... ce qui n'est pas facile du tout, et demande d'être fait en classe entière, avec l'aide du professeur.

11 mai 2015

La princesse de Clèves

Ce plan du livre de Mme de Lafayette peut aider à le lire mais surtout à le relire, en particulier pour situer les extraits qu'on en étudie. Vous constaterez qu'il n'est pas un plan simplement neutre et objectif, mais qu'il propose une interprétation, considérant le roman comme un Traité du désir.

16 avr. 2015

Imprécations de Médée

Quel bonheur de lire une scène d'exposition qui n'expose rien sinon la fureur ! Encore un texte macronisé, mis en page et ponctué de neuf.

P.S. Les voyelles placées en exposant sont «élidées»; celles qui sont placées en indice, en quelque sorte, ne comptent pas : tout se passe comme si elles permettaient à la consonne qui précède de faire position. La voyelle brève qui précède compte alors comme une longue: c'est une façon de montrer qu'on a deux brèves à la place d'une longue, soit au temps fort, soit au temps faible. Il s'agit de faciliter la lecture pour anticiper les temps composés de deux brèves.

P.P.S Avez-vous remarqué que le sénaire est ici un trimètre ? Les pieds pairs ne sont jamais condensés (leur premier temps est toujours constitué par une brève.)

03 avr. 2015

De l'art de perdre son temps

Quiquid retrō est mors tenet... La très fameuse première lettre à Lucilius, elle aussi macronisée, ponctuée de neuf, et pourvue de titulī. On peut elle aussi la présenter au bac de latin, dans le même chapitre « Interrogations philosophiques ».

01 avr. 2015

Méthodes pour la lecture

L'ami Sénèque propose aux latinistes d'apprendre à lire, en faisant face à la multitude des livres. La deuxième lettre à Lucilius est ici macronisée, ponctuée de neuf, mise en page et pourvue de titulī pour les élèves qui le présenteront au baccalauréat. Bonne lecture !

27 fév. 2015

Rhétorique de l'écriture d'invention (suite)

Après la théorie, la pratique. Voici un exemple d'application de la méthode proposée dans le billet précédent sur l'écriture d'invention. Nous y rendons compte, sous forme de « corrigé » de la façon dont on aurait pu accomplir les deux premières étapes du travail rhétorique (inventio et dispositio) pour un sujet d'invention qui demandait d'écrire une suite à un extrait de Micromégas (ici). On y aperçoit qu'une telle « écriture d'invention » est en réalité une espèce particulière de commentaire, qui requiert une analyse assez fine et littéraire du texte dont il faut écrire la suite.

Il est bien évident qu'un tel corrigé n'est qu'une proposition ; mais il présente l'avantage de montrer comment un élève de lycée peut traiter un tel sujet tout en montrant qu'il a profité de l'enseignement de la littérature dont il a bénéficié en seconde et en première. Il montre aussi que cet exercice peut être ambitieux, sans exiger de l'élève qu'il ait le génie d'un grand écrivain, mais des connaissances et une certaine agilité intellectuelle.

N.B. LLL = Louise Labé Lyonnaise, que les élèves qui ont subi ce bac blanc avaient étudiée auparavant.

25 fév. 2015

Entraînement au bac de français

On trouve facilement sur le grand entrefilet les annales du bac ; en revanche on ne trouve pas facilement des documents correctement mis en page, sans coquilles, et prêts à être imprimés. Puisque cela pourrait rendre service à des professeurs de lettres, en voici un :

(Sujet ES/S pour les élèves de Terminale, 2012)

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