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11 fév. 2018

L'Énéide

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Si nous suivons Musset, le chant IV de l’Énéide de Virgile — qui raconte les amours d’Énée et de Didon, et la fin terrible de celle qu’on appelle aussi Élissa, reine de Carthage — en est non seulement le plus célèbre, mais aussi, probablement, le plus beau. Mais qui peut en profiter ? Les traductions françaises qu’on en a, mise à part celle de Du Bellay, ne parviennent pas à rendre justice au texte de Virgile, à en rendre l’incroyable vigueur.
Pour entendre Virgile, pour entendre Didon, il faut aller aussi directement que possible à la source. Or, même pour un très bon latiniste, la lecture cursive de l’épopée virgilienne dans le texte reste chose bien ardue. Nous avons voulu qu’elle devienne possible grâce à quelques artifices et béquilles destinés aux malheureux qui n’ont pas eu la chance de naître en Italie à l’époque de César et Cicéron, en nous appuyant sur la grammaire et notre expérience d’aède, de jongleur, de diseur de vers.

Ainsi les voyelles longues sont-elles marquées d’un macron, qui facilitera la restitution de l’hexamètre et l’analyse grammaticale, qui pourra se faire aussi intuitivement que possible. Les voyelles et diphtongues « élidées » sont notées en exposant, afin de permettre une lecture rythmée de l’hexamètre plus facile — même si nous croyons que « l’élision » n’implique pas forcément de disparition réelle de la voyelle : elle peut se réaliser à la pause, comme l’-e de la césure épique dans la chanson de geste.
Suivant une longue tradition, nous séparons le chant en ensembles de vers qui offrent une cohérence sémantique ; ils apparaissent comme des « laisses » de la chanson de geste, marquées par une lettrine, elles-mêmes organisées le plus souvent en deux ou trois sous-ensembles, de sorte que la structuration typographique accompagne le souffle du lecteur.
Nous proposons aussi une ponctuation aussi sensible que possible, qui offre des clés supplémentaires et immédiates pour l’analyse de la phrase ; en particulier, nous avons essayé de séparer les groupes de mots qui sont syntaxiquement et sémantiquement immédiatement intelligibles pour l’intuition, en particulier dans les vers où Virgile joue de la séparation poétique entre le nom ou le pronom et l’adjectif.
Enfin, nous nous sommes livré à la marotte que nous défendons dans notre thèse de doctorat, en colorisant les temps verbaux, afin que le lecteur sente mieux les variations d’attitude du locuteur relativement à ce qu’il raconte. Ce faisant, nous lui facilitons par-dessus le marché l’analyse : la structure de la proposition lui saute ainsi directement aux yeux.

En outre, les principales difficultés liées à la langue ou au contexte culturel sont éclairées par une annotation choisie.

Notre édition de l'Énéide avance... nous sommes au chant IV. Nous plaçons ici aussi les fichiers odt, de sorte que ceux qui veulent se débarrasser de certains de mes artifices typographiques puissent le faire.

02 janv. 2016

Virgile et Du Bellay

Quand Du Bellay traduit Virgile...

09 mar. 2014

Karthāginem

Voici le fruit des dernières semaines : le chant I de l'Enéide, ponctué de neuf, macronisé, les élisions marquées. Nous lui avons aussi attribué un titre fort peu orthodoxe, ci-dessus. Remarquez aussi les intertitres qui proposent de voir une structure fort moderne dans ce chant, puisqu'ultra féminine: Junon, Vénus, Didon. Bonne lecture !

30 janv. 2011

Bucoliques

L'un des textes les plus lus, les plus interprétés de la littérature occidentale. Cette édition note les voyelles longues; c'est le texte qui fut déclamé le 25 mars 2009, au réfectoire du couvent des Cordeliers, pour les Dionysies.

En prime, la très touchante première Bucolique :

Nicolas Lakshmanan