Le livre I des Satires d’Horace paraît en 35 ou 34 avant J.-C., alors que l’alliance entre Octave et Marc-Antoine commence à se fissurer. Pendant qu’il mène campagne en Illyrie, Octave laisse aux commandes de Rome et de l’Italie le richissime Mécène, l’un de ses plus sûrs hommes de confiance. Horace est, quoiqu’il ait été tribun militaire dans le camp républicain, avec son ami Virgile, l’un des poètes qu’il protège et soutient.

Les Satires sont en réalité, d’après leur titre original, des Sermōnēs — c’est-à-dire, bien qu’écrits en hexamètres dactyliques, des conversations enjouées et légères : le moraliste évoque le quotidien des Romains avec une réjouissante familiarité.

Nous livrons ici la première de ces satires, qui évoque d’une façon extrêmement vive, dans un style aussi mordant que séduisant, l’éternel mécontentement des hommes, qui trouvent que l’herbe est toujours plus verte dans le champ des voisins, à commencer par celui de l’avare.

Notre texte est macronisé et ponctué de la façon la plus suggestive possible, afin d’en rendre la lecture aussi naturelle que possible : le caractère presque sautillant de l’hexamètre d’Horace devrait être sensible, même aux latinistes les moins ferrés en versification.

Les difficultés liées à la langue ou au contexte culturel sont éclairées par une annotation choisie ; les mots absents des Mots Latins de Fernand Martin sont donnés, de sorte qu’on pourra se passer du Gaffiot et de ses chausses-trapes.