Je viens fournir ici une pièce supplémentaire en faveur du plan du texte, qu'on néglige beaucoup, beaucoup, beaucoup trop dans l'enseignement des lettres nowadays. J'essaie de montrer ici trois choses : d'une part, que l'établissement du plan du texte est un outil très efficace pour préparer l'explication d'un texte — et je parle d'une véritable explication littéraire, qui ne se contente pas de paraphraser platement, mais qui montre l'intérêt du texte ; d'autre part, qu'on peut présenter une explication de texte qui suit le mouvement du texte, et s'interdit de l'équarrir comme le font pratiquement tous les commentaires dits composés ; enfin qu'il existe une forme de bachotage intelligente, quand il s'agit de connaître le contenu d'une œuvre : apprendre par cœur le plan d'un livre, c'est à la fois se donner une véritable culture et se donner les moyens de réfléchir. Connaître ce plan et avoir fait vraiment la rencontre de l'œuvre à travers une lecture personnelle, c'est évidemment accroître véritablement sa culture ; mais aussi, connaître ce plan sans avoir vraiment lu toute l'œuvre — comme peut le faire un bachoteur paresseux —, c'est commencer à rencontrer vraiment l'œuvre et ce qu'elle dit d'intéressant : c'est beaucoup moins mauvais que de se contenter d'apprendre par cœur des listes de figures de style, des fiches de méthodologie, des concepts de narratologie ou de typologie des discours, des genres, registres et mouvements littéraires.

Je rêve que la contrainte des œuvres imposées fasse la pencher la balance du bachotage de ce côté-là — parce que pour ce qui est de l'existence du bachotage, je ne rêve pas : il y a un bac, il y aura du bachotage, quel que soit le programme, quelles que soient les épreuves.

Il s'agit du Débat de Folie et d'Amour de Louise Labé :