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12 oct. 2018

Parution du Dē Amīcitiā

Le texte que nous publiâmes ici naguère sous forme électronique, entièrement revu et corrigé est paru et est disponible dans la collection «Nouvelle Bibliothèque Antique». Les quelques coquilles qui demeuraient ont été corrigées; la ponctuation a de nouveau été révisée pour faciliter la tâche du lecteur. Il est ainsi utilisable pour le latiniste expérimenté qui veut avoir le plaisir de lire apertō librō ; il est utilisable par les étudiants qui ont acquis les bases de la langue latine pour fluidifier leur connaissance du latin. D'une part parce que le lecteur, s'il lui manque tel ou tel mot de vocabulaire, sera assuré de le trouver dans Les mots latins de Martin et pourra se passer du Gaffiot : les quelques mots qu'on ne peut trouver dans le lexique de F. Martin sont donnés en note. Ainsi, en fréquentant régulièrement le dictionnaire en réduction que constitue Les mots latins, le lecteur pourra fixer dans sa mémoire en les localisant les mots qu'il apprendra — alors que la géographie d'un ouvrage complet comme le Gaffiot est en quelque sorte inaccessible à la mémoire. C'est pourquoi nous recommandons vivement aux étudiants qui utiliseront notre ouvrage de travailler le texte de Cicéron avec, à leurs côtés, uniquement une grammaire — par exemple, Le précis de grammaire latine de Thomas et al., voire L'abrégé de grammaire latine des mêmes — et, donc, l'ouvrage de F. Martin. Ils gagneront évidemment à tenir aussi un carnet de lecture personnel où ils copieront certains passages, en traduiront d'autres, noteront le vocabulaire ou les tournures grammaticales qu'ils souhaitent retenir, ainsi que les réflexions qui pourront leur venir à lecture de la prose cicéronienne.

Ceux qui ont le goût de la restitution essaieront peut-être d'entendre le rythme de la période cicéronienne, rendu très accessible par la présence des macrons, et sans doute aussi par notre ponctuation. Peut-être même les plus passionnés en étudieront-ils le système de clausules. Quoi qu'il en soit, leur présence permettra de distinguer immédiatement les faux homonymes : occīdit et occidit, manus et manūs, collega et collegā, amantis et amantīs, etc. Ainsi, avec en plus une ponctuation très précise et presque surabondante, l'étudiant apercevra presque immédiatement les structures syntaxiques et se mettra un peu dans la peau d'un lecteur latin d'un texte latin, qui en saisit intuitivement les structures et les significations. Nous savons bien que le lecteur moderne n'a pas été nourri, comme César et Cicéron, et tous les petits Marcus et Gaius du Ier siècle, dès l'enfance par la langue latine : il lui faut des béquilles pour construire cette intuition. Ces béquilles sont la grammaire, le travail du vocabulaire... et, en l'espèce, notre appareil critique et diacritique. La présence des titulī d'autre part, est de nature à rassurer le lecteur inquiet d'avoir bien compris ce qu'il explore : ils constituent une première approche plus facile, parce que réduite, du paragraphe qu'il s'apprête à lire — ou une confirmation qu'il a bien compris celui qu'il vient de lire.

On notera une innovation typographique que nous proposons : si l'utilisation des lettres ramistes, quoique universitairement incorrecte, est très traditionnelle, nous avons précisé que l'-i- consonne intervocalique était en latin toujours géminé par un -ĵ- : eĵus, prononcé ['e:jjus].

Vous pouvez donc vous procurer cette édition entièrement en couleurs ici :

P.S. : J'ajoute ici la bibliographie que par mesure d'économie je n'ai pas jointe à l'édition papier du livre :

22 janv. 2018

Cicéron

Nos éditions des textes de Cicéron :

  1. L'exorde de la première Catilinaire de Cicéron, avec les longues:

  2. L'édition de la troisième philippique destinée à la déclamation : les voyelles longues par nature y sont notées, grâce à l'aide du logiciel de Gilles de Rosny. C'est le texte qui a été dit à Grenoble le 28 janvier pour l'équipe "Rare" de l'université Stendhal. La ponctuation et la mise en page ouvrent la voie à une lecture — compréhension et déclamation — plus accessible et naturelle:
  3.  Notre édition complète et annotée du Dē amīcitiā:

30 août 2015

Petite chrestomathie de la philosophie latine (11)

Nous inaugurons ici, avec Lucrèce, une collection de textes utiles pour apprendre — une chrestomathie, donc — le latin et la philosophie. Elle couvrira l'ensemble de la latinité, du premier siècle avant J.-C. au XVIIe. En voici le programme provisoire, élaboré avec l'aide de quelques internautes philosophes :

I. Anciens

  1. Lucrèce, Dē rērum nātūrā, début du livre II 
  2. Cicéron, De officiīs, Dē amīcitiā ?
  3. Sénèque, Lettres à Lucilius
  4. Saint Augustin, chapitre X des Confessions, ou XI, IV, ch. 4
  5. Boèce, Consolation
  6. Jean Scot Erigène

II. Médiévaux

  1. Abélard
  2. Roger Bacon
  3. Saint Thomas
  4. Guillaume d'Ockham
  5. Anselme, chapitres II-III-IV du Proslogion
  6. Duns Scot

III. Humanistes

  1. Nicolas de Cues
  2. Marsile Ficin, In convivium, VI, 17
  3. Pic de la Mirandole
  4. Erasme
  5. Thomas More, L’Utopie
  6. Calvin

IV. Classiques

  1. Giordano Bruno, Le banquet des Cendres
  2. Gassendi
  3. Descartes, Meditationes, II, « Le morceau de cire »
  4. Spinoza, Traité théologico-politique, XX, 14-15 « Eloge de la liberté » ; incipit du Tractatus de Intellectus Emendatione.
  5. Locke, Epistola de Tolerantia
  6. Hobbes, Leviathan ou De Cive

Et voici Cicéron... Un passage sélectionné, la version alpha de notre édition de L'amitié.

Une lettre de Sénèque a déjà été sélectionnée ici :

Nous arrivons déjà au IVe siècle, avec Augustin d'Hippone — Saint Augustin pour les chrétiens. Nous avons choisi un extrait du livre X des Confessions, dans lequel Augustin s'étonne de la puissance de la mémoire.

Nous avons ainsi un (tout) petit ensemble de quatre textes pour initier à la philosophie en latin, utilisable en terminale, avec un texte majeur de chacun des philosophes majeurs de l'antiquité au sens strict. Ils sont ici rangés dans l'ordre chronologique. Si la difficulté de la langue y est décroissante, la longueur des extraits, en revanche, est croissante, de sorte qu'on peut les étudier dans l'ordre proposé.

Toute petite chrestomathie de la philosophie latine

Voici le cinquième auteur et donc le cinquième texte de l'ouvrage : Boèce s'interroge sur la recherche de la vérité, en dimètres anapestiques.

Nous arrivons au IXe siècle, et, avec la renaissance carolingienne, à la toute fin de ce que nous considérons  comme l'antiquité tardive, en étirant quelque peu cette période, où le latin est la seule langue de culture de l'Europe occidentale, où les Européens se revendiquent encore tous de l'héritage romain. Jean Scot Erigène est le dernier jalon de cette antiquité-là. Le Periphyseon est son œuvre majeure. Dans l'extrit que nous avons choisi, il évoque ce que la raison peut dire de Dieu.

Et de 7 ! Voici le fameux extrait du Proslogion d'Anselme de Cantorbéry, qui prétend apporter la démonstration dite ontologique de l'existence de Dieu.

Nous arrivons maintenant au XIIe siècle, avec Abélard. La partie proprement philosophique de ce récit est assez réduite, mais très importante au plan de l'histoire de la philosophie, et le texte est très intéressant pour entrevoir dans quelles circonstances la philosophie peut se faire.

Thomas d'Aquin est probablement le philosophe chrétien du Moyen Âge le plus important. Il s'attaque ici à la question de la vérité, en suivant Aristote (Philosophus), Avicenne et Augustin :

Le texte suivant, extrait de la Summa Logicæ, met en œuvre le fameux «rasoir d'Ockham» (qui n'est pas d'Ockham), à propos des vocables de «première» et de «seconde» intention :

Nous continuons avec un extrait de l'Opus Mājus de Roger Bacon, qui n'offre peut-être pas une très grande profondeur philosophique, mais permet d'introduire de façon légère les questions sur le langage dans le contexte médiéval. Il faut connaître les langues, dit le Doctor Mīrābilis.

Nous arrivons au terme de la première partie de notre chrestomathie philosophique, avec un extrait assez ardu du doctor subtilis : Duns Scot. Qu'est-ce qui fait l'individualité d'un individu dans son espèce ?

Et voici l'ensemble des douze premiers textes, qui couvrent l'ensemble des périodes antique et médiévale :