Certains savants alexandrins, m'a-t-on dit, avaient pour usage, en lisant, en relisant les manuscrits des auteurs du canon, de marquer d'un khi les passages, les phrases qui leur paraissaient utiles à leur enseignement. Ce khi pour χρηστόν — utile — permet de construire ensuite les chrestomathies qui constituent l'un des fondements de l'enseignement des lettres. Au fil de ma lecture du Banquet, j'inaugure ici de nouveau cette pratique qui me paraît excellente :
  • Οἴεσθέ τι ποιεῖν οὐδὲν ποιοῦντες — Vous croyez faire quelque chose, et ne faites rien. (Apollodore, p. 173, d)
  • Χαλεπὸν τοῖς ἀνθρώποις ἡ μέθη ἐστίν — L'ivresse, pour les êtres humains, c'est mauvais. (Eryximaque, p. 176, d)
  • Πρεσβύτατος δὲ ὤν, μεγίστων ἀγαθῶν ἡμῖν ἐστιν — Or, puisqu'il est le plus ancien, il est pour nous le plus grand des biens. (Phèdre, p. 178, c)
  • Οὐ γάρ, οἶμαι, συμφέρει τοῖς ἄρχουσι φρονήματα μεγάλα ἐγγίγνεσθαι τῶν ἀρχομένων — Non, je ne crois pas que pour les puissants, la naissance de hautes pensées chez les hommes qu'ils dominent soit avantageuse. (Pausanias, p. 182, c)
  • Οὔτε καλὸν εἶναι αὐτὸ καθ’ αὑτὸ οὔτε αἰσχρόν, ἀλλὰ καλῶς μὲν πρᾱττόμενον, καλόν, αἰσχρῶς δέ, αἰσχρόν — Ce n'est en soi ni beau ni laid, mais beau si c'est bellement fait, laid si c'est fait laidement. (Pausanias, p. 183, d)
  • Καὶ ἔστιν αὖ μουσική, περὶ ἁρμονίαν καὶ ῥυθνόν, ἐρωτικῶν ἐπιστήμη — Et, pour la musique, elle est, à propos d'harmonie et de rythme, une science de l'érotique. (Eryximaque, p. 187, c)
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