lettresclassiques.fr

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

04 déc. 2019

Pourquoi l'Apollinaire d'Alcools est-il antique et moderne à la fois ?

La dissertation sur œuvre est l'une des nouvelles épreuves du baccalauréat 2021, que subiront les élèves de 1re générale en 2020, lors des épreuves anticipées.  Que peut être une telle dissertation ? Nous proposons ici le corrigé d'une dissertation donnée à nos élèves de 1re. Nous essayons de leur y montrer comment ils peuvent composer une dissertation en s'appuyant sur le nombre limité de textes que nous leur avons demandé de connaître par cœur :

  1. Le plan semi-détaillé de «Zone» ;
  2. 12 vers dans les 130 premiers vers de «Zone». Bon, je triche un peu là, parce que je les connais tous ;
  3. Les 12 derniers vers de «Zone», que nous expliqué en classe ;
  4. "Le pont Mirabeau", expliqué en classe ;
  5. "Chantre", expliqué en classe ;
  6. "La blanche neige", expliqué en classe ;
  7. Un poème au choix. (J'ai pris «La Loreley») ;
  8. Quelques autres vers au choix. (Pas forcément encore connus, mais pris dans le recueil, puisque c'était un devoir fait à la maison).
Le devoir est un peu trop long : un excellent devoir aurait pu proposer un peu moins d'analyses; on aurait pu par exemple en sélectionner une seule par sous-partie. Il comporte aussi beaucoup d'imperfections ; mais il nous semble que c'est le lot de ce genre de travail. Que les lecteurs cependant n'hésitent pas à nous proposer des corrections pour aller vers davantage de clarté !
Le second fichier constitue une trace du travail préparatoire à faire au brouillon avant de rédiger : inventio (recherche des idées), puis dispositio (construction du plan).

06 mai 2017

Alcools — un carnet de lecture

Quī scrīpsit bis lēgit. Une bonne façon de lire, c’est d’écrire — aussi bien pour les professeurs que pour les élèves. Je donne ici un exemple de carnet de lecture sur Alcools d’Apollinaire, qu’ils doivent étudier en tant qu’ « œuvre intégrale » pour la présenter à l’oral des épreuves anticipées du baccalauréat. Le fait de le donner en exemple me semble important : il ne s’agit pas en effet seulement d’un travail scolaire, d’un pensum fastidieux pour de malheureux élèves accablés de travail ; il s’agit d’apprendre à faire quelque chose qu’on peut continuer à faire adulte... et qui peut rendre heureux !

On le verra donc, deux principes président à la tenue d’un tel carnet de lecture : discere et dēlēctārī — apprendre et se faire plaisir. C’est pourquoi l’on prend un beau cahier ; c’est pourquoi l’on écrit à la main, et même à la plume. C’est pourquoi l’essentiel de ce carnet de lecture consiste dans la simple copie de poèmes ou d’extraits de poèmes.

D’autre part, puisqu’il s’agit d’apprendre, et qu’on a jamais fini d’apprendre, ce carnet se veut inachevé : on peut toujours en rajouter. Ainsi de nombreuses pages blanches, en regard des poèmes copiés n’ont-ils pas été scannés ici : ils sont la porte ouverte à des réflexions, des recherches, des dessins, la copie d’autres poèmes en écho à ceux qui sont là. Il reste encore une vingtaine de pages pour ajouter d’autres poèmes lorsqu’un jour je reviendrai dans Alcools

Enfin, les embryons d’analyse qui sont notés ici pour quelques-uns des poèmes se basent avant tout sur la construction du mouvement du texte : IL FAUT absolument presque à chaque fois commencer par cela, sans quoi l’analyse littéraire risque fort d’aboutir à une pitoyable bouillie pour les chats — et encore serait-elle bien indigeste pour l’orgueil de la maison.

Le carnet de vocabulaire

De l'autre côté, la fin du carnet a été réservée à l’étude du vocabulaire. J’y ai relevé les mots que je connaissais peu ou mal, en particulier si je pensais que je ne saurais pas très clairement en expliquer le sens à mes élèves : c’est très exactement ce que doit faire un élève qui, le jour du bac, se voit prendre la place du professeur, et doit expliquer le texte à l’examinateur un peu comme si celui-ci était un élève.

J’y ai surtout copié à nouveau, pour chaque mot, le passage dont je l’ai tiré — d’abord pour le plaisir de copier de l’Apollinaire, ensuite pour m’approprier davantage son style, en le faisant rentrer dans la mémoire de la main, enfin parce que je ne pourrais pas relire de telles pages d’étude du vocabulaire si elles n’évoquaient pas d’images précises, rappelant les sentiments éprouvés et les réflexions à la lecture du poème.

Ces études de vocabulaire sont elles aussi inachevées : il ne s’agit pas de tout étudier tout de suite ; il s’agit d’étudier le plus possible pour apprendre le plus possible et le plus longtemps possible.