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mercredi 17 juin 2015

Le grip propose des programmes pour le latin dans le secondaire

Le latin, dans le système éducatif français, est l’une des constituantes essentielles du domaine des Lettres, qu’elles soient « classiques » ou « modernes ». On a pu se demander si son apprentissage était indispensable. Les fondateurs de l’école primaire publique ont même dû se résoudre à le laisser en quelque sorte de côté, en en faisant une option dans le cursus des futurs instituteurs, considérant que l’étude de l’ancien français pouvait compenser ce manque. C’est ainsi que le latin n’a pu faire partie du programme des Ecoles Primaires Supérieures, ni des écoles normales, et qu’il est resté l’apanage du système secondaire, au sein duquel il a connu de nombreux avatars. La riche réflexion pédagogique primaire n’a donc pas pu profiter à l’enseignement du latin, confiné dans le secondaire et empêtré dans des querelles politico-idéologiques assez dérisoires.

Il est possible cependant que ce renoncement au latin ait été l’une des faiblesses du système primaire mis en place par Buisson. En effet, sans le latin, le recours au seul ancien français pour étudier l’histoire de notre langue se révèle assez rapidement inopérant et fastidieux. D’autre part, il apparaît que l’étude des auteurs latins les plus classiques, fût-elle rudimentaire, est presque indispensable pour apprendre à lire une partie essentielle des auteurs français. Enfin, la quasi-disparition tradition humaniste de la traduction (thème et version) pour apprendre à lire et écrire le français, pour permettre aux élèves de s’approprier les textes les plus importants, les plus beaux, les plus intéressants a pu amener les études littéraires à se perdre parfois dans des considérations aussi oiseuses qu’absconses. C’est en particulier avec le renouveau du thème et de la version, abordés d’une façon réaliste et progressive, que l’étude du latin — qui inclut forcément à la fois la langue et la littérature latine, donc sa culture — peut être un des outils qui permet d’apprendre à lire et à écrire avec davantage d’esprit de géométrie et d’esprit de finesse.

On pourrait s’étendre indéfiniment sur les finalités du latin. Le propos n’est pas là. Il faut d’abord savoir de quel enseignement nous parlons — comment, aujourd’hui, on peut enseigner le latin. C’est-à-dire, avant tout, selon quelle progression sur plusieurs années, ce qui s’appelle un programme1.

On notera que les programmes, quoique la progression d’une année à l’autre soit notée précisément, sont organisés par « cours », selon la logique moderne de l’école primaire française. Un cours se fait sur deux années : l’on étudie environ 70 % du programme du cours la première année, et on reprend ce programme intégralement pour l’approfondir la seconde année, de sorte que l’immense majorité des élèves ait acquis, à la fin des deux années une assez bonne maîtrise de l’essentiel de ce programme, qui a donc été vu et revu2.

Certains points du programme pourront demander aux enseignants un approfondissement de leur formation, tant il est vrai que bien souvent, une meilleure pédagogie d’une discipline exige une meilleure maîtrise de cette discipline.

1Comme les ministères de l’éducation nationale se sont évertués, depuis la catastrophe Vichyste, à publier des programmes de moins en moins cohérents, qui ne sont plus des programmes que par leur nom. On s’avise depuis quelques années à donner aux programmes un nom latin : il s’agit, selon une « logique curriculaire », de rédiger des curricula, pour signifier que ceux-là seront des vrais, des bons. Soit. Pourquoi pas. Cela fait toujours plaisir d’inventer l’eau tiède. En plus, quand la chose a un nom latin, elle impressionne toujours les ignorants.

2Le cas du cours d’initiation au latin, on le verra, est un peu différent, puisque la première année est beaucoup plus réduite en volume horaire.

dimanche 7 juin 2015

L'instruction des Orateurs — livre X

Ici, le texte de Quintilien au programme des agrégations de Lettres Classiques et de Grammaire pour 2016 et 2017, édité pour la lecture (macronisé, surponctué, titulisé) comme à notre usage... avec une table des matières qui deviendra bientôt indispensable. A lire, à copier, à méditer et apprendre sans modération.

P.S. Il s'agit de la version β, complète et utilisable mais qui demande encore une ou deux relectures pour éliminer quelques coquilles.

P.P.S. Très utile: le texte annoté par W. Peterson en 1891, ici.

lundi 20 avril 2015

Préface de l'Instruction des Orateurs

Quintilien, le grand pédagogue latin, est au programme de l'agrégation. C'est une bonne nouvelle. L'on pourra commencer à le connaître en lisant la préface qu'il donne à son ĪNSTITŪTIŌ ŌRĀTŌRIA. Le texte est macronisé, pourvu d'une nouvelle ponctuation, et de titulī, comme c'est maintenant notre usage. On y lira que ce Fabius-là est tout ce qu'il y a de plus moderne.

jeudi 16 avril 2015

Imprécations de Médée

Quel bonheur de lire une scène d'exposition qui n'expose rien sinon la fureur ! Encore un texte macronisé, mis en page et ponctué de neuf.

P.S. Les voyelles placées en exposant sont «élidées»; celles qui sont placées en indice, en quelque sorte, ne comptent pas : tout se passe comme si elles permettaient à la consonne qui précède de faire position. La voyelle brève qui précède compte alors comme une longue: c'est une façon de montrer qu'on a deux brèves à la place d'une longue, soit au temps fort, soit au temps faible. Il s'agit de faciliter la lecture pour anticiper les temps composés de deux brèves.

P.P.S Avez-vous remarqué que le sénaire est ici un trimètre ? Les pieds pairs ne sont jamais condensés (leur premier temps est toujours constitué par une brève.)

vendredi 3 avril 2015

De l'art de perdre son temps

Quiquid retrō est mors tenet... La très fameuse première lettre à Lucilius, elle aussi macronisée, ponctuée de neuf, et pourvue de titulī. On peut elle aussi la présenter au bac de latin, dans le même chapitre « Interrogations philosophiques ».

mercredi 1 avril 2015

Méthodes pour la lecture

L'ami Sénèque propose aux latinistes d'apprendre à lire, en faisant face à la multitude des livres. La deuxième lettre à Lucilius est ici macronisée, ponctuée de neuf, mise en page et pourvue de titulī pour les élèves qui le présenteront au baccalauréat. Bonne lecture !

samedi 27 décembre 2014

Les pleurs d'Ariane

Voici l'Ariane de Catulle (poème 64, vv. 132-201) où nous avons noté les longues, pour en faciliter la lecture. L'édition de 2010 a été revue et corrigée : quelques coquilles ont été supprimées, la ponctuation a été précisée et nous avons ajouté les lettres ramistes (-j- et -v-). Enfin, nous avons essayé d'en améliorer la lisibilité en y ajoutant quelques lettrines et alinéas.

vendredi 22 août 2014

696 AVC

C'est la première année du Bellum Gallicum (La Guerre des Gaules, de César).  Une édition scolaire, pour la seconde est en préparation, dans l'esprit de la Vīta Nerōnis (la Vie suétonienne de Néron, au programme du bac 2015, dans le texte original, aux éditions du Relief). Voici un aperçu de ce que cela pourrait donner :

dimanche 9 mars 2014

Karthāginem

Voici le fruit des dernières semaines : le chant I de l'Enéide, ponctué de neuf, macronisé, les élisions marquées. Nous lui avons aussi attribué un titre fort peu orthodoxe, ci-dessus. Remarquez aussi les intertitres qui proposent de voir une structure fort moderne dans ce chant, puisqu'ultra féminine: Junon, Vénus, Didon. Bonne lecture !

mercredi 18 décembre 2013

Quandōcumque igitur nostrōs mors claudet ocellōs

Allez, sur une idée soufflée par Robert Delord, une jolie petite élégie de l'ami Properce pour goûter un peu de douceur glacée, en ces temps de frigidités doucereuses :

mercredi 23 octobre 2013

Lucrèce, le rythme des choses...

Nous vous recommandons chaudement ce joli petit film, qui fait une belle introduction à la lecture de Lucrèce...

jeudi 29 août 2013

Vīta Nerōnis

Une nouvelle édition de la Vīta Nerōnis sort aux éditions du Relief ces jours-ci, à l'intention des jeunes gens qui présenteront le latin au bac en 2013 et 2014, accompagnée d'un dossier complet, d'extraits de traductions du XVIe siècle à nos jours et d'une abondante annotation, tant au plan de la langue qu'à celui de l'histoire. Voici la présentation qu'en font les auteurs:

À l’occasion de l’inscription de la Vīta Nerōnis au programme du baccalauréat pour les années 2014 et 2015, nous nous proposons d’offrir aux lycéens et aux amateurs de latin une édition qui renouvelle et refonde l’étude du latin. Cette édition rend accessible le texte de Suétone, en latin, et avec l’appui des technologies du XXIe siècle.

Mission impossible, nous répondra-t-on : le latin, définitivement, n’est pas une langue « facile » ; même un latiniste chevronné doit, pour lire un texte en latin, fournir un effort considérable. Le seul moyen d’échapper à la difficulté du latin, c’est d’échapper au latin. Il est vrai que si l’on ne s’intéresse qu’à ce qui est facile, mieux vaut fuir l’étude du latin ; mieux vaut même,d’ailleurs, fuir les études en général...

Là n’est pas la question. Nous nous adressons à ceux qui souhaitent accéder directement à un texte écrit voilà deux mille ans, et avoir le sentiment d’approcher le plus près possible l’esprit et la voix du peuple qui domina le monde pendant plus de cinq cents ans. À ceux-là, nous proposons un texte à la fois complet et accessible. Comme nous n’avons pas eu la chance que nos parents nous parlassent latin au berceau, nous acceptons bien volontiers quelques béquilles pour le lire « dans le texte ».

Pour ce faire, nous continuons une solide tradition scolaire, en accompagnant le texte d’un dossier et de notes qui éclairent et font vivre le monde que décrit Suétone. Surtout, nous reprenons l’édition du texte pour qu’elle soit le plus accessible pour des jeunes gens nés à la fin du XXe siècle, à l’exemple des grammairiens alexandrins qui rendaient accessible Homère et Sophocle aux Égyptiens, aux Perses, aux Indiens, qui avaient appris le grec comme une langue étrangère.

D’une part, toutes les difficultés de la langue de Suétone, lorsqu’il s’écarte de la norme grammaticale scolaire, sont éclaircies par des notes de bas de page. D’autre part, avec l’aide que nous offrent les logiciels modernes de traitement du texte, nous avons revu toute la ponctuation traditionnelle du texte, puisqu’elle relève presque intégralement de l’éditeur (elle était quasi inexistante à l’époque classique), toujours pour rendre la lecture plus fluide et l’analyse plus souple. Ainsi, nous avons raccourci autant que possible toutes les phrases. Non que nous les ayons amputées : nous avons simplement placé un point dès que c’était logiquement possible, y compris en cas d’asyndète, de coordination par un simple -que. Bien plus souvent que nos prédécesseurs, nous avons considéré les pronoms relatifs comme des « relatifs de liaison ». De sorte que le nombre de « périodes », de longues phrases devant lesquelles notre esprit, quelquefois un peu embrumé ou découragé, reprend son souffle avec une légère pointe d’angoisse, est considérablement réduit. Nous avons aussi usé de la virgule et du point-virgule sans parcimonie, considérant en particulier que les participes sont apposés, quand bien même le pronom auquel ils se rapportent n’est pas exprimé, de sorte que les groupes de mots sautent aux yeux du lecteur : le temps de réflexion et d’analyse est dès lors raccourci.

Enfin, avec l’aide du logiciel Longīs, élaboré par Gilles de Rosny, nous avons marqué par des signes de « longue » (des macra) toutes les voyelles longues du texte. Aux passionnés qui souhaitent s’approcher autant que possible de la vōx latīna, de son accentuation et de sa prosodie, ces signes diacritiques apportent une aide précieuse ; mais surtout, quel que soit l’intérêt qu’on porte à la restitution de la voix des latins, cette information supplémentaire simplifie la tâche de qui veut comprendre un texte latin. De même qu’un Latin entendait qu’un nom en -ā était un ablatif, qu’un autre en -ūs était un génitif, de même notre lecteur moderne verra que tel adjectif en -a ne saurait se rapporter à tel nom en -ā.

Si vous êtes latinistes, faites-en l’expérience ; lisez quelques lignes de notre édition. Vous constaterez de vous-même combien la lecture en est facilitée. Si vous êtes enseignant, faites l’expérience d’en traduire un passage avec vos élèves. Vous verrez la différence !

Nicolas Lakshmanan

professeur agrégé de grammaire

Christophe Raphel

professeur agrégé de lettres classiques

jeudi 26 avril 2012

Circé chez Ovide

Voici le chant 14 des Métamorphoses, macronisé à partir du texte de The latin library

dimanche 30 janvier 2011

Bucoliques

L'un des textes les plus lus, les plus interprétés de la littérature occidentale. Cette édition note les voyelles longues; c'est le texte qui fut déclamé le 25 mars 2009, au réfectoire du couvent des Cordeliers, pour les Dionysies.

En prime, la très touchante première Bucolique :

Nicolas Lakshmanan

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