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dimanche 27 mars 2016

Œdipe Roi

Pour relire l'Œdipe Roi de Sophocle, en saisir mieux la structure, pour éventuellement le comparer avec le film de Pasolini, on peut se servir du plan que nous en avons établi ci-dessous. On apercevra en particulier l'évolution du chœur, en reliant la parodos et les stasima. On pourra ainsi travailler aux transpositions que Pasolini en fait dans son film (images, chants et autres transformations). On remarquera aussi la place centrale du deuxième épisode, lui-même articulé autour du commos qui amène la stupéfiante scène d'intimité entre Œdipe et Jocaste.

P.S. Deux représentations d'Œdipe-Roi au grand auditorium de la BNF, dans le cadre des Dionysies organisées par la compagnie Démodocos: dimanche 3 avril à 15 heures, mercredi 6 avril à 18 heures.

samedi 12 mars 2016

Bac de littérature — Mme Bovary

L'épreuve de littérature au bac L est particulièrement difficile à négocier du fait de son format : il faut répondre à deux questions littéraires, sur l'une des deux œuvres au programme, en deux petites heures. Les questions impliquent une réflexion à la fois élaborée et rapide, au sujet d'œuvres, en tout cas cette année, particulièrement difficiles: Mme Bovary d'un côté et Œdipe Roi vu par Sophocle et par Pasolini, de l'autre.

Pour donner une idée de ce qu'on peut attendre d'un élève de Terminale, voici un sujet que j'ai pu donner à mes élèves, avec une proposition de corrigé, qui tient compte de la contrainte de temps : je l'ai réalisé en une petite heure et demie. Ce n'est donc pas impossible d'y parvenir en deux heures pour un élève. Remarquez la quantité que représente un tel devoir : en deux heures, il ne paraît pas raisonnable de chercher à rédiger beaucoup plus qu'une copie double (avec une écriture de taille moyenne, telle qu'on l'attend le jour du bac).

Remarquez aussi ce qu'il en est de l'annonce de plan : pour la question sur douze points, je ne l'ai rédigée qu'après coup. Il faut en effet se lancer dans la rédaction très vite après avoir choisi les exemples qu'on analyserait, et je n'ai pu me tenir à ce que j'avais prévu initialement. J'ai donc permis à la réflexion de se développer, et me suis arrêté après avoir développé trois idées différentes. C'est alors que j'ai rédigé mon annonce de plan, pour laquelle j'avais laissé de la place. Pour la seconde question, sur huit points, le développement d'une idée m'amenait déjà à deux pages de réflexion et 35 minutes de travail: je me suis arrêté et ai annoncé, après coup que je ne travaillerai qu'à partir d'un exemple (quoique je l'eusse utilisé en articulant une citation avec sa place dans l'architecture du récit, et eusse donc évoqué trois éléments textuels différents — une phrase, le rapport entre le titre et les personnages qu'il évoque, et le rapport entre les deux morts des deux Mme Bovary).

lundi 8 février 2016

Histoire du français : du latin classique au latin mérovingien

Comme mes étudiants en sciences du langage me demandent d'avoir accès au plan du cours que je leur prodigue sur l'histoire du français et que, malgré son caractère schématique, il pourrait intéresser d'autres, en voici l'état actuel, pour l'époque où le français était encore du latin, où la Gaule était encore romaine :

Fichier actualisé le 14 mars 2016:

Une fiche d'exercices :

dimanche 29 novembre 2015

Qu'enseigner en une heure de cours ?

Au sortir d'un cours de français en 2de, considérant la lenteur et la circonspection avec laquelle j'avais avancé, et donc le peu de choses que nous avions apparemment étudiées, me sont venues les quelques réflexions suivantes. En une heure, nous n'avons « fait » qu'un exercice tiré des Cahiers des lettres françaises, sur trois phrases de la Rochefoucauld  (noms.pdf, exercice 9 pp. 12-13), et pourtant j'étais assez satisfait du déroulement de la séance.

Voici comment les choses se sont déroulées. Pendant les cinq minutes d'ouverture du cours, alors que je faisais l'appel et réglais d'éventuels problèmes administratifs, les élèves ont révisé le poème en cours d'étude (« L'invitation au voyage »), en prévision de la récitation de mardi prochain (contenu 1). Ensuite, trois ou quatre élèves ont rappelé brièvement le contenu de la leçon en cours d'étude (« Les fonctions de l'adjectif » — contenu 2). J'ai indiqué les références de l'exercice que nous allions faire, en ai lu la consigne, et ai demandé aux élèves d'écrire en tête de leurs notes, outre les références de l'exercice, le nom de La Rochefoucauld, la date de la parution des Maximes, ainsi que le titre de ce livre. Mais comme je sais que ces seules indications constituent pour 95% des élèves une coquille creuse et dépourvue de signification, nous y avons ajouté entre parenthèses des éléments qui permettent de les relier à ce qu'ils savent déjà (1665 = Louis XIV, Versailles, Molière, La Fontaine — Contenu 3). Nous avons noté une définition pédagogique de ce qu'était une maxime (contenu 4). J'ai expliqué le sens de ces maximes, aussi concrètement que possible (contenus 5, 6, et 7), sans toutefois leur demander de noter cette explication : il me semble important de passer du temps à envisager la littérature pour elle-même sans en faire un exercice scolaire ; or utiliser la littérature pour en faire un exercice grammatical en est paradoxalement un moyen. Comme l'objet avoué du travail est d'accomplir un travail grammatical systématique, l'explication littéraire, qui a véritablement eu lieu, quoiqu'elle fût très rapide, devient un travail authentique : il ne s'agit pas, lorsque nous interprétons ainsi un texte littéraire, de « faire » un exercice canonique, mais de comprendre et de se l'approprier, comme un bon lecteur le fait tout naturellement, hors d'une situation scolaire artificielle. C'est ainsi que le cadre pédagogique devient un moyen de sortir du cadre pédagogique.

Les élèves ont ensuite copié la première maxime : Il ne sert de rien d’être jeune sans être belle, ni d’être belle sans être jeune. Après la copie, nous n'avons pu faire autrement que de remarquer que l'efficacité de la maxime était liée au chiasme sur lequel elle était construite. J'ai donc pris le temps d'expliquer ce qu'était un chiasme, avec l'aide de l'alphabet grec (contenu 8). Les élèves ont repéré qu'il s'agissait d'un attribut du sujet, quoique le sujet était sous-entendu, et nous avons explicité quel il était (contenu 9). Puis est venu le tour de la deuxième maxime : Il y a des personnes si légères et frivoles qu’elles sont aussi éloignées d’avoir de véritables défauts que des qualités solides. Nous avons noté le sens des adjectifs « léger,-ère » et « frivole » (contenu 10), en remarquant, comment, au plan orthographique, ils passaient du féminin au masculin (contenu 11). On s'aperçoit ici en outre, qu'au delà des fonctions de l'adjectif, c'est la saisie intuitive de la nature d'un adjectif qui a été travaillée, en particulier parce que, en notant l'analyse grammaticale (nature, fonction, genre et nombre), nous ne sommes pas abstenus de donner la nature des adjectifs analysés, quoiqu'ils fussent tous des adjectifs. En effet, tant que la notion n'est pas solidement installée, il est préférable de ne pas lancer l'élève vers une erreur probable, en leur demandant par exemple de relever les adjectifs dans un texte. Comme se contenter de donner la nature de ces adjectifs de façon répétitive et mécanique serait à la fois fastidieux et mécanique, nous prenons soin de distinguer, parmi les adjectifs analysés, les participes utilisés comme adjectifs (si j'ai bien compris la distinction entre « en extension/en étendue » et « en compréhension » faite par la Logique de Port-Royal, il s'agit d'une saisie en extension — contenu 12). Pour la troisième maxime (Le même orgueil qui nous fait blâmer les défauts dont nous nous croyons exempts, nous porte à mépriser les bonnes qualités que nous n’avons pas), nous avons défini  « orgueil », « blâmer », et « exempt, -pte » (contenus 13 à 15), quoique nous n'ayons pas eu le temps d'attirer l'attention des élèves sur les difficultés orthographiques de ces mots.

Ainsi, nous avons pu ajouter l'exercice 10, fait sur le même modèle (avec une difficulté supplémentaire, puisque les adjectifs à analyser n'y sont pas soulignés par avance), au DM à rendre mardi prochain. Somme toute, je vois mal ce que raisonnablement nous aurions pu faire de plus en 55 minutes de cours ; c'est ainsi que je pense que la tortue pédagogue peut avancer beaucoup plus vite que les deux lièvres jumeaux : pédagogiste et antipédagogiste.

vendredi 27 novembre 2015

Les personnages de Mme Bovary

Le fichier ci-joint peut être utile à une relecture de Mme Bovary, à une étude de tel ou tel personnage. Il reprend le plan que nous proposâmes dans un billet précédent, et y ajoute les personnages présents dans chacun des chapitres — ceux qui font leur première apparition étant marqués d'une flèche. Il y a quelques inexactitudes (nous n'avons pas pointé avec précision la première apparition de Vinçart, par exemple), des choix discutables (considérer l'Hirondelle ou Djali comme des personnages, par exemple ; exclure tel personnage secondaire plutôt que tel autre, etc.), révisables.

dimanche 4 octobre 2015

Accompagner la lecture des Misérables

La lecture d'œuvres majeures peut être un immense bonheur, et, souvent, d'autant plus grand que le livre est long. Alors foin des Claude Gueux et autres L'étranger qui ne sont pas choisis pour leurs qualités littéraires (indéniables !), mais pour leur brièveté. Nous proposons donc à nos élèves des lycées la lecture d'œuvres aussi longues que possibles — Les Misérables, ou Le comte de Monte-Cristo. Dans leur intégralité.

Mais quand nos racontons cela à nos collègues, quel n'est pas leur incrédule effarement ! C'est pourquoi j'ai voulu montrer comment je m'efforçais d'accompagner une telle lecture, avec des élèves de seconde, afin qu'elle leur soit aussi profitable que possible. Voici le document qui récapitule le travail mené avec les élèves en septembre-octobre de cette année.

vendredi 25 septembre 2015

Etudier Mme Bovary en Terminale (2)

Suite du billet précédent.

Lors de la troisième séance, nous avons « corrigé » le travail fait pendant la semaine, en écoutant et en reprenant ce que les élèves avaient complété dans les deux dernières pages des documents précédents (intérêt des citations pour la fin du chapitre I, choix de deux passages dans une « partie » — choisie elle aussi par l'élève — du chapitre II). Nous avons commenté les passages choisis par un ou deux élèves et le professeur dans les chapitres III et IV.

J'ai ébauché une explication du titre que j'avais donné au chapitre V (« Ah les beaux jours de bonheur indicible ! ») en lisant le poème de Verlaine d'où il était extrait. Les élèves devaient, pour le cours suivant, relire le dit poème pour le comparer au récit de Flaubert, annoter les passages choisis par le professeur, les compléter, le cas échéant par les siens propres, et faire le même travail pour les chapitres 7 à 9.

vendredi 18 septembre 2015

Etudier Mme Bovary en Terminale (1)

L'épreuve de littérature au bac L est à la fois extrêmement intéressante et difficile, surtout quand son programme est aussi beau qu'il l'est cette année (Mme Bovary et Œdipe-Roi). S'y préparer n'est pas une mince affaire. Pour commencer, il est indispensable de connaître de façon très approfondie l'œuvre. À nos élèves nous avions recommandé l'an dernier de s'essayer à la lecture du chef d'œuvre de Flaubert pendant les vacances, de sorte que l'étude du texte en Terminale puisse s'appuyer sur une relecture.

Cependant, au vu de la difficulté de pénétrer un tel texte pour des jeunes gens de 17 ans — et de la paresse naturelle de l'être humain — nous savions que nombreux seraient ceux qui arriveraient vierges de cette lecture au premier cours de littérature de terminale. Nous avons donc essayé de proposer un itinéraire de (re)lecture qui permette à la fois de comprendre l'œuvre et de l'apprendre assez rapidement et profondément. Lors de la première leçon, après une rapide présentation de l'année, des œuvres et des épreuves, au cours de notre introduction à Mme Bovary — tiens, nous n'avons pas parlé de réalisme ; décidément la casification des auteurs et des œuvres en « mouvements littéraires » ne nous intéresse que fort modérément... — nous avons présenté le contenu du roman avec le plan que proposait un billet précédent.

Si, du fait du programme, nous avons évoqué rapidement la question de la genèse de l'œuvre, pour commencer nous avons énoncé le véritable problème qui se pose à la lecture de ce « livre sur rien » : comment ce livre sur une femme qui trompe son mari et son ennui (j'emprunte la formule à un prof de l'être blogueur), pourrait-il ne pas être ennuyeux... alors que, de fait, il ennuie l'immense majorité des lycéens ? Nul besoin de se tordre le cerveau pour formuler une « problématique » alambiquée : le problème qui se pose crève les yeux, comme une poutre dans l'œil.

Nous en avons lu ensemble les premières pages, l'incipit, qui raconte l'entrée au collège de Charles, pour le comprendre — en établissant son plan. Nous avons pris prétexte de l'épreuve, pour laquelle il est nécessaire de connaître des passages de l'œuvre avec une grande précision, et donc, pour une bonne part, par cœur, pour demander aux élèves de choisir quelques phrases particulièrement intéressantes, de sorte que nous nous sommes demandés pourquoi elles pouvaient être intéressantes. Ils devaient relire le premier chapitre — tout en avançant aussi rapidement que possible leur première lecture, le cas échéant — pour la leçon de la semaine suivante. Voici les documents que nous avons utilisés pendant cette deuxième leçon :

Vous noterez d'abord que les documents photocopiés le sont à partir d'originaux manuscrits. C'est un point très important, en particulier parce qu'il s'agit de «donner l'exemple» quant au travail à mener sur l'œuvre ; nous y reviendrons. Les deux premières pages (une double page en réalité) permettaient de reprendre et formaliser le travail de la semaine précédente. Les extraits copiés selon le plan du texte constituent un exemple de ce que les élèves devront faire pour « ficher » le livre ; les espaces blancs laissés à leur suite sont le lieu de notes interprétatives, qui justifient le choix de chacun des extraits: nous les avons remplis ensemble.

La troisième page, sur l'ensemble du chapitre I, montre comment on peut mener le même type de travail de façon un peu plus superficielle, en proposant de se contenter, pour le milieu de ce chapitre, d'en établir un plan général, afin de deux extraits dans son mouvement final. On a fait de même pour le chapitre II, avec une fiche un peu plus lacunaire (page 4). Les élèves ont été chargés de remplir les trous de ces deux fiches pour la troisième leçon — c'est-à-dire, pour le chapitre II, à choisir l'une des trois parties que nous y avons délimitées, et, dans cette partie, de choisir un ou deux extraits particulièrement frappants.

On remarquera qu'il n'y a là absolument aucune « transposition didactique » : la méthode proposée aux élèves est exactement celle que le professeur lui-même utilise pour étudier le texte. On ne transpose ni savoir ni savoir-faire avant de le transmettre aux élèves. Tout au plus l'adapte-t-on à leur mesure, comme le paysan qui refait un mur en bord de champ fait faire à son jeune fils un tout petit bout, à sa mesure, du véritable mur (Freinet, L'éducation du travail).

N.B. D'aussi nombreux que possible moments de silence pendant lesquels les élèves apprennent par cœur une phrase ou deux sont ménagés à l'intérieur des séances de cours, afin qu'ils prennent l'habitude de cette pratique indispensable à leur étude personnelle du livre, comme les trois premières minutes, pendant lesquelles le professeur sort ses affaires et fait l'appel.

dimanche 6 septembre 2015

Le pont Mirabeau

Un autre exemple de brouillon d'explication de texte, à la fois composé et linéaire (Cf. « Ne reprenez, Dames... »), avec Le Pont Mirabeau d'Apollinaire, si souvent massacré à l'oral du bac (« Ah bah c'est vachement bien passque ça parle d'amour et puis c'est moderne passqu'il y a pas de ponctuation... »)

samedi 5 septembre 2015

Commenter «Vous et vos deux frères...»

La très belle scène II de l'acte II d'Horace est ici l'occasion d'insister sur la méthode d'élaboration du commentaire d'un texte. Nous proposons ici le plan du cours que nous avons préparé afin de le montrer à des élèves de 1re L. Cette fiche a été distribuée à la classe, et la troisième partie a été laissée en blanc, afin que la méthode proposée y soit mise en application par les élèves. On remarquera la méthode légèrement différente de celle du billet précédent : nous nous écartons un tout petit peu plus du texte pour donner davantage forme au discours qu'on va produire.

P.S. Encore une fois, la fiche est manuscrite, pour montrer un exemple concret aux élèves... en tant que tel, imparfait : on voudra bien en particulier nous pardonner la désagréable pente de la mise en page :)

Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé...

Le sonnet XXIV de Louïze Labé Lionnoise est un assez joli et piquant sonnet. Nous l'avons choisi pour illustrer une façon de préparer une explication de texte — ce que la prose pédagogico-ministérielle appelle de nos jours une «lecture analytique». Il s'agit de:

  1. Copier le texte
  2. En établir le plan structuré semi-détaillé (I, II... en rouge; A, B... en vert), qu'on indique sur le côté
  3. Choisir 2 ou 3 mots, expressions, figures... remarquables au plan littéraire qu'on souligne en bleu, avec éventuellement, un mot ou deux pour se rappeler ce qu'on veut en dire.
  4. Pour chaque sous-partie, après une flèche, indiquer ce qu'on veut en dire, l'interprétation qu'on en propose (synthèse des remarques faites en bleu), de sorte qu'on transforme le plan du texte en plan du commentaire. Même chose, ensuite pour les grandes parties.

Ce qui nous paraît particulièrement intéressant dans cette méthode, c'est qu'elle contraint à coller au texte, à éviter les vains bavardages théorico-jargonnesques, fussent-ils brillants : il s'agit, au sens propre, d'ex-pliquer le texte, de déplier ce qu'on ne voit pas forcément au premier abord pour être en mesure d'en ressentir les forces. On passe le moins de temps possible à construire un discours qui jette un voile sur le texte, et le plus de temps possible à connaître et comprendre profondément le texte.

Vous noterez aussi que nous avons conservé l'écriture manuscrite : même en dehors d'une situation d'examen en temps limité, elle nous paraît un élément essentiel de l'appropriation physique du texte. D'autre part, toutes les remarques ne sont pas facilement lisibles, du fait à la fois de la caractère relâché de la graphie et des ellipses propres à un brouillon fait pour être utilisé dans les minutes qui suivent son élaboration: il ne s'agit pas de proposer une explication de texte, mais de montrer comment on peut la préparer.

vendredi 24 juillet 2015

Plan de Mme Bovary

Le plan ci-joint donne un titre à chacun des chapitres de Mme Bovary, ainsi qu'aux parties du roman. Le mouvement de chacune des parties, en trois ensembles est aussi donné. De même que pour notre plan de La Princesse de Clèves, ce plan doit permettre de relire le roman de Flaubert de façon sélective, de situer un extrait avec précision, mais aussi de réfléchir à une interprétation du livre.

vendredi 19 juin 2015

Incipit et autres jargonneries

Depuis quelques années, à la suite, semble-t-il, de Gérard Genette, les professeurs de français disent, à la place de « début de roman », « incipit du roman ». Incipit, en latin, signifie en effet «il commence», et ce mot était placé, dans les manuscrits médiévaux, en tête d'une œuvre. Il devrait ne désigner que la première phrase d'un roman, mais le goût du jargon lui a donné un sens plus large. Nous aimons autant, de notre côté, qu'on parle d'ouverture, des premières lignes, ou tout simplement du début d'un roman. En l'occurrence, le jargon n'ajoute rien à l'analyse, sinon l'impression qu'on a dit quelque chose quand on n'a rien dit. On a là le pire des emprunts au latin, avec des mots qui n'ajoutent rien à la pensée, sinon l'illusion de la pensée.

Le pire ? Non. Le pire, c'est l'horrible °excipit, qui ne signifie aucunement en latin « il termine », mais « il reçoit ». Le terme qui ferait pendant à incipit serait explicit, terme de latin tardif. La pédanterie a forgé un monstre qui dévoile clairement sa propre monstruosité...

Cessons donc de nous adonner à cet immonde jargon — on a voué aux gémonies les professeurs d'EPS pour moins que cela — et parlons du début et de la fin d'un roman : cela suffira bien. Et si l'on a goût pour la finesse, la langue française offre suffisamment de synonymes précis et variés : ouverture, prologue, seuil, commencement, entrée, attaque ; chute, dénouement, épilogue...

Lamartine, «Les Voiles»

Au bac de français, dans la série littéraire, est tombé cette année, pour le commentaire, un poème de Lamartine. Nous vous proposons ici une esquisse de corrigé — en fait des éléments qui auraient pu servir à composer un commentaire de ce poème. Le plan du texte est donné, des remarques sur l'écriture sont ébauchées. Il reste à en formuler les effets pour construire un discours cohérent.

mercredi 3 juin 2015

Un sujet de bac et son corrigé pour l'invention

Voici un sujet de bac de français, sur la poésie, avec une proposition de corrigé pour l'invention, où l'on verra que l'invention est un exercice d'imitation :

jeudi 28 mai 2015

Miaulements guerriers

Dans un billet récent, nous proposions un sujet de bac dont le commentaire portait sur un extraits des Caractères de La Bruyère. Voici un document qui peut permettre de travailler l'explication du texte avec des élèves de 1re. Des alinéas et des notes en marges sont adjoints au texte afin d'en faire apparaître le plan. Des éléments du texte sont soulignés, italiqués, grassifiés et pourvus de remarques schématiques d'analyse littéraire : le travail d'inventiō (l'invention, la recherche des idées) du commentaire est pratiquement complet. Il ne reste plus qu'à organiser le propos (la dispositiō, la construction du plan) et à le formuler (l'ēlocūtiō, la mise en mots)... ce qui n'est pas facile du tout, et demande d'être fait en classe entière, avec l'aide du professeur.

lundi 11 mai 2015

La princesse de Clèves

Ce plan du livre de Mme de Lafayette peut aider à le lire mais surtout à le relire, en particulier pour situer les extraits qu'on en étudie. Vous constaterez qu'il n'est pas un plan simplement neutre et objectif, mais qu'il propose une interprétation, considérant le roman comme un Traité du désir.

samedi 28 février 2015

L'invention du commentaire, ou comment trouver les idées pour commenter un texte

La première étape du travail de composition d'un commentaire, qui est un discours, et relève donc de la rhétorique, c'est l'inventio, la recherche des idées. Puisque les élèves sont friands des fiches de méthodes, on ne frustrera pas leur appétit : voici une méthode schématique, en une page, de l'inventio du commentaire et de l'explication de texte, qui s'appelle ces jours-ci dans le jargon officiel la « lecture analytique ». Vous remarquerez les petits trucs mnémotechniques proposés en particulier dans la troisième partie. Vous noterez surtout qu'il y manque l'essentiel : l'esprit dans lequel on doit mener une telle investigation, lequel ne peut être là si vous n'avez pas la volonté de saisir ce qui fait la force, la beauté, l'originalité... l'intérêt du texte, tel qu'il est écrit.

vendredi 27 février 2015

Rhétorique de l'écriture d'invention (suite)

Après la théorie, la pratique. Voici un exemple d'application de la méthode proposée dans le billet précédent sur l'écriture d'invention. Nous y rendons compte, sous forme de « corrigé » de la façon dont on aurait pu accomplir les deux premières étapes du travail rhétorique (inventio et dispositio) pour un sujet d'invention qui demandait d'écrire une suite à un extrait de Micromégas (ici). On y aperçoit qu'une telle « écriture d'invention » est en réalité une espèce particulière de commentaire, qui requiert une analyse assez fine et littéraire du texte dont il faut écrire la suite.

Il est bien évident qu'un tel corrigé n'est qu'une proposition ; mais il présente l'avantage de montrer comment un élève de lycée peut traiter un tel sujet tout en montrant qu'il a profité de l'enseignement de la littérature dont il a bénéficié en seconde et en première. Il montre aussi que cet exercice peut être ambitieux, sans exiger de l'élève qu'il ait le génie d'un grand écrivain, mais des connaissances et une certaine agilité intellectuelle.

N.B. LLL = Louise Labé Lyonnaise, que les élèves qui ont subi ce bac blanc avaient étudiée auparavant.

mercredi 25 février 2015

Entraînement au bac de français

On trouve facilement sur le grand entrefilet les annales du bac ; en revanche on ne trouve pas facilement des documents correctement mis en page, sans coquilles, et prêts à être imprimés. Puisque cela pourrait rendre service à des professeurs de lettres, en voici un :

(Sujet ES/S pour les élèves de Terminale, 2012)

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