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vendredi 27 mars 2020

Apollinaire, un peintre extrêmement moderne ?

Chers élèves de 1re,

pour vous aider à progresser à la fois dans votre compréhension du recueil d'Apollinaire et pour mieux maîtriser l'exercice de dissertation sur œuvre, je vous joins le corrigé que j'ai fait pour la très bonne copie de l'une de vos camarades, et que vous pourrez consulter sur Pronote.

Cordialement,
Votre professeur de Lettres.

au/aux (2)

Chers élèves de 2de,

voici le corrigé du travail d'orthographe que je vous ai demandé, avec des précisions telles que je vous ai demandé de les chercher sur les auteurs utilisés. Faites ensuite l'exercice 2, dont vous avez ici le corrigé, presque en entier, avec quelques explications.

Encore une fois, je vous conseille d'essayer de les faire soigneusement par vous-même, avant de consulter la correction : vous progresserez davantage si vous mettez en route votre cerveau. Mais il est vrai que l'exercice est à la fois facile — pour choisir entre «au» et «aux» et difficile, dans la mesure où les phrases de La Rochefoucauld sont souvent assez difficiles à comprendre: c'est pourquoi vous avez le droit de consulter ma correction, après avoir essayé de faire chaque phrase par vous même.

Vous pourrez ensuite faire les exercices 3 et 4 entièrement tout seul : je ne pense pas qu'ils présentent de grosses difficultés. Concentrez-vous pour bien choisir entre l'article contracté singulier et le l'article contracté pluriel; surtout concentrez-vous pour copier l'ensemble de la phrase sans aucune faute, en cherchant à comprendre son sens, à vous représenter ce que veut dire l'auteur, à vous imaginer que c'est vous qui écrivez la phrase en question.

Évidemment, ensuite, ce serait une bonne idée d'aller lire l'un ou l'autre des livres dont ces textes sont tirés : Camus, L'étranger ; Voltaire, Zadig ; La Rochefoucauld, Maximes...

Cordialement,

Votre professeur de Lettres.

Etude du vocabulaire d'Horace

Chers élèves de 2de,

voici comme promis du travail sur un autre domaine : le vocabulaire. C'est vraiment très important pour progresser en français : apprendre le français, c'est d'abord apprendre les mots français. Je vous avais déjà indiqué, avant le confinement, que vous deviez choisir vingt mots difficiles dans Horace, pour en mener l'étude que vous deviez me rendre dans le DM. Je vous demande maintenant de continuer cette étude, pour davantage de mots. Pour lundi prochain, le 30 mars, essayez de terminer l'étude telle que je vous la propose. Si ce n'est déjà fait, recopiez l'étude des sept premiers mots qui m'ont paru intéressants dans le début de la première scène, comme je l'ai faite dans la première page du fichier ci-dessous, en donnant : la nature du mot; le contexte dans lequel vous l'avez trouvé; la définition qui convient dans ce contexte avec éventuellement des synonymes; s'il y en a, un ou plusieurs antonymes ; s'il y en a, des mots de la même famille. Utilisez le dictionnaire; veillez à ne pas faire de fautes en copiant... mais surtout, réfléchissez bien pour choisir la bonne définition sans tout copier : il faut choisir la définition qui convient dans le contexte !

Vous progresserez à deux conditions : d'une part, si vous travaillez ; d'autre part si vous travaillez AVEC votre intelligence. Cherchez vraiment à comprendre le sens de la phrase ou du morceau de phrase d'où vous avez tiré le mot à étudier ! Vous avez le droit de vous tromper, d'hésiter; mais il faut absolument réfléchir ! C'est en réfléchissant que vous deviendrez de plus en plus intelligent !

J'essaie de vous proposer ici un corrigé aussi rapidement que possible.

Cordialement,

Votre professeur

mardi 24 mars 2020

au/aux

Chers élèves de 2de,

pendant le confinement, voici de quoi vous occuper aussi intelligemment que possible. Je vous propose ici, outre les lectures suggérées sur l'ENT, un peu de travail d'orthographe, à placer dans le DM que vous pourrez me rendre à la fin du confinement. [Vous pourrez bien sûr m'en envoyer des pages par le biais de Pronote si vous le souhaitez ! N'hésitez pas non plus à me poser des questions par ce même biais, dans les "discussions"].

Ce serait bien de commencer par la fiche sur "au" et "aux", problème fréquent dans les copies de lycée. Elle se trouve dans votre Premier cahier d'orthographe française. Faites-la comme je vous l'ai appris, et comme je vous en donne l'exemple ci-dessous.

Pour l'exercice 1, je vous conseille de ne pas copier directement la correction, mais de le faire par vous-même : ce sera un peu plus intéressant. Je vous invite aussi à vous renseigner sur les auteurs dont sont tirés les phrases (Paz, Sainte-Beuve...) : ainsi vous ne perdrez pas votre temps parce que vous vous serez cultivé... et vous comprendrez sans doute un peu mieux de quoi il s'agit : le sens de ces phrases n'est en effet pas forcément évident ! Pensez aussi à chercher le sens des mots que vous ne connaissez pas dans le dictionnaire : c'est l'occasion d'accroître votre vocabulaire !

Et surtout, n'oubliez pas : écrivez chaque phrase entièrement, en cherchant à la comprendre, en veillant attentivement à l'orthographe de chaque mot, à la ponctuation.

Je reviens vers vous d'ici deux jours pour la suite de ce travail d'orthographe, et pour les autres domaines du cours de français. Bien cordialement,

Votre professeur de Lettres.

Le Lac (2)

Suite du billet précédent. Il s'agit du plan de mon commentaire, que j'élabore peu à peu en suivant la méthode que je vous ai proposée.

La première moitié de la page contient les notes pour mon introduction

  • Oh ! j'ai oublié de donner le TYPE du poème. [Vous auriez pu ici commencer par noter qu'il s'agit d'un poème composé de seize quatrains d'alexandrins et d'hexasyllabes (vers de six syllabes — gr. ἔξ = hex : "six", comme dans "hexagone") mêlés, où les rimes sont croisées (abab).] Ce n'est pas grave : ce n'est pas, à mon avis, le plus important ! Le plus important, c'est la suite :
  • J'ai donné ensuite le PLAN du texte, dont je vous ai montré hier comment je l'ai construit.
  • J'ai indiqué ensuite {1. Les thèmes principaux du texte} {2. L'idée générale du texte, que j'ai pu formuler en relisant le plan que j'ai construit — ce qui est, tout simplement, une façon de relire le texte de façon globale !}. J'ai dès lors vu pourquoi globalement ce poème est une façon originale de traiter les thèmes de l'amour et du temps qui passe; ce qui me permet de poser le problème que va tenter de résoudre mon commentaire ou mon explication.
La seconde moitié de la page contient le début de mon explication linéaire. Vous remarquerez que j'ai essayé de distinguer la paraphrase du texte de son commentaire, en "surlignant" ce que je dis du texte, mon commentaire du contenu du texte. Vous remarquerez aussi que j'ai écrit "Intro" non pour signaler où se trouve mon introduction, mais où se trouve mon commentaire de ce que j'appelle l'introduction du poème: le premier quatrain, où Lamartine demande, en somme : "Peut-on arrêter le temps?".
Le travail que vous pouvez faire maintenant pour progresser : rédiger le commentaire qui correspond aux notes ici transmises. Je vous mets un corrigé de cela ici demain ou après-demain, si je puis en trouver le temps.
Bien cordialement,
Votre professeur de lettres

lundi 23 mars 2020

Le Lac (1)

Chers élèves de 1re Générale,

vous avez eu, par le biais de Pronote, le sujet qu'il était prévu de vous donner pour le bac blanc de mardi dernier. Pour vous aider à étudier le poème de Lamartine, je vous suggère de faire comme je le fais quand j'étudie un poème. Comme vous pourrez le voir ci-dessous, j'ai commencé par le copier à la main, dans les quelques moments de disponibilité que j'ai pu trouver. Je vous conseille vivement de faire de même. Pensez évidemment aussi à chercher le sens des mots ou des expressions qui vous sont inconnus ou obscurs.

Après m'être ainsi approprié quelque peu le poème, je me suis efforcé d'établir un plan du poème, avec mes crayons de couleur. Ce plan est un peu incomplet, et tout à fait imparfait; mais il permet de mieux saisir le mouvement du poème. Vous pourriez, si vous ne l'établissez pas entièrement à votre façon, le compléter, en donnant un titre au grand II.

Ensuite vous pouvez essayer d'expliquer pourquoi ce texte mérite d'être étudié, en disant, après avoir dit sommairement ce qu'il contenait, si son intérêt est dès lors évident ou pas. S'il l'est, quel peut être l'objet du commentaire ?

  • Lac_Lamartine_plan.pdf (sur smartphone Androïd, vous téléchargerez plus facilement avec Chrome qu'avec Firefox)
Confinez-vous bien; bon courage ! Bien cordialement,
M. Lakshmanan
P.S. Le sujet :

mercredi 4 décembre 2019

Pourquoi l'Apollinaire d'Alcools est-il antique et moderne à la fois ?

La dissertation sur œuvre est l'une des nouvelles épreuves du baccalauréat 2021, que subiront les élèves de 1re générale en 2020, lors des épreuves anticipées.  Que peut être une telle dissertation ? Nous proposons ici le corrigé d'une dissertation donnée à nos élèves de 1re. Nous essayons de leur y montrer comment ils peuvent composer une dissertation en s'appuyant sur le nombre limité de textes que nous leur avons demandé de connaître par cœur :

  1. Le plan semi-détaillé de «Zone» ;
  2. 12 vers dans les 130 premiers vers de «Zone». Bon, je triche un peu là, parce que je les connais tous ;
  3. Les 12 derniers vers de «Zone», que nous expliqués en classe ;
  4. "Le pont Mirabeau", expliqué en classe ;
  5. "Chantre", expliqué en classe ;
  6. "La blanche neige", expliqué en classe ;
  7. Un poème au choix. (J'ai pris «La Loreley») ;
  8. Quelques autres vers au choix. (Pas forcément encore connus, mais pris dans le recueil, puisque c'était un devoir fait à la maison).
Le devoir est un peu trop long : un excellent devoir aurait pu proposer un peu moins d'analyses; on aurait pu par exemple en sélectionner une seule par sous-partie. Il comporte aussi beaucoup d'imperfections ; mais il nous semble que c'est le lot de ce genre de travail. Que les lecteurs cependant n'hésitent pas à nous proposer des corrections pour aller vers davantage de clarté !
Le second fichier constitue une trace du travail préparatoire à faire au brouillon avant de rédiger : inventio (recherche des idées), puis dispositio (construction du plan).

samedi 11 mai 2019

La composition du Débat de Folie et d'Amour de Louise Labé

Je viens fournir ici une pièce supplémentaire en faveur du plan du texte, qu'on néglige beaucoup, beaucoup, beaucoup trop dans l'enseignement des lettres nowadays. J'essaie de montrer ici trois choses : d'une part, que l'établissement du plan du texte est un outil très efficace pour préparer l'explication d'un texte — et je parle d'une véritable explication littéraire, qui ne se contente pas de paraphraser platement, mais qui montre l'intérêt du texte ; d'autre part, qu'on peut présenter une explication de texte qui suit le mouvement du texte, et s'interdit de l'équarrir comme le font pratiquement tous les commentaires dits composés ; enfin qu'il existe une forme de bachotage intelligente, quand il s'agit de connaître le contenu d'une œuvre : apprendre par cœur le plan d'un livre, c'est à la fois se donner une véritable culture et se donner les moyens de réfléchir. Connaître ce plan et avoir fait vraiment la rencontre de l'œuvre à travers une lecture personnelle, c'est évidemment accroître véritablement sa culture ; mais aussi, connaître ce plan sans avoir vraiment lu toute l'œuvre — comme peut le faire un bachoteur paresseux —, c'est commencer à rencontrer vraiment l'œuvre et ce qu'elle dit d'intéressant : c'est beaucoup moins mauvais que de se contenter d'apprendre par cœur des listes de figures de style, des fiches de méthodologie, des concepts de narratologie ou de typologie des discours, des genres, registres et mouvements littéraires.

Je rêve que la contrainte des œuvres imposées fasse la pencher la balance du bachotage de ce côté-là — parce que pour ce qui est de l'existence du bachotage, je ne rêve pas : il y a un bac, il y aura du bachotage, quel que soit le programme, quelles que soient les épreuves.

Il s'agit du Débat de Folie et d'Amour de Louise Labé :

mardi 9 avril 2019

Ça commence par le début...

Voici une version du structuralisme fort peu canonique... Un moyen mnémotechnique pour écrire l'entame d'un récit — ce que les pédants appellent incipit. A vous de retrouver cependant à quelles œuvres et à quels auteurs sont empruntés ces dix débuts de récit, qu'on peut apprendre par cœur...

mercredi 13 mars 2019

Débat de Folie et d'Amour

Louise Labé

Débat de Folie et d’Amour


En 1555, Louise Labé fait paraître chez Jean de Tournes son unique livre, intitulé Œuvres. Elle y est présentée comme la « nouvelle Sappho », à cause en particulier lasaisissante série des vingt-quatre sonnets que chacun connaît. Mais avant ses poèmes, elle a fait insérer un texte très étrange et très passionnant, un véritable petit bijou : le  Débat de Folie et d’Amour.
Apollon et Mercure, qui se font les avocats de Cupidon et de la déesse « Folie », proposent une vision de l’amour sur lesquelles Jupiter vient trancher in fine. « L’érudite gaillardise » dont fait preuve ici celle qu’on appela « La belle cordière » donne à voir les qualités d’un très délectable et très plaisant humanisme au féminin, au moment où la Renaissance française allait s’abîmer dans les guerres de religion. Mais la légèreté de Louise Labé n’est que la forme dont s’empare le véritable grand sérieux quand il veut vraiment connaître l’homme dans sa complexité : le divin Banquet auquel nous convie la poétesse lyonnaise parle d’amour avec une ivresse plus réjouissante encore que celle d’Aristophane au Banquet de Platon.
La Nouvelle Bibliothèque Humaniste en propose une édition entièrement nouvelle dont l’orthographe est modernisée, où les particularités de la langue du XVIe siècle sont éclaircies, pour rendre ce texte extraordinaire accessible à tous. Feuilletez-le et achetez-le ici : Débat de Folie et d’Amour.

mercredi 5 décembre 2018

Plan du Comte de Monte-Cristo

Pour y voir un peu plus clair dans le merveilleux enchevêtrement que constitue Le comte de Monte-Cristo, nous vous proposons ci-dessous un plan de l'ensemble de l'œuvre. Même s'il est très discutable et améliorable, il permet de s'y retrouver pour relire et analyser la construction de l'intrigue, pour se l'approprier et être capable de raconter à sa façon l'histoire — quel plus grand plaisir que de pouvoir raconter une histoire ? Et enfin, après nous être emparé de cette structure narrative, nous pourrons l'utiliser, la transposer, la plagier, la reprendre, la métamorphoser pour raconter nos propres histoires.

lundi 15 janvier 2018

La dissertation au niveau du bac

La dissertation est un exercice difficile, mais pas plus difficile que le commentaire. Il demande seulement un peu de culture, un peu de réflexion, et de savoir écrire en français. Le corrigé ci-joint d'un sujet de bac peut le montrer assez aisément. Le corrigé est partiel : il s'agit de laisser de l'espace pour le travail et la réflexion des élèves.

vendredi 13 octobre 2017

Remèdes aux fautes d'interrogative indirecte.

Les fautes d'interrogative indirecte sont un fléau extrêmement puissant et dominateur par les temps qui courent. Voici une fiche qui pourrait en guérir quelques-uns contre la tentation de s'adonner à cette folie. Notez qu'il me semble important que les travaux écrits — à donner à fortes doses aux récalcitrants — soient précédés par des séances assez nombreuses et répétées d'oral, si bien que la règle n'est pas donnée directement et que je propose une leçon à construire avec les élèves préalablement aux exercices.

Mais, il faut le redire, pour que la structure de l'interrogative indirecte soit acquise, il ne suffit pas de l'expliquer convenablement, il faut la faire rentrer dans l'oreille, et faire une dose suffisante d'exercices à l'oral.

La fiche est en version bêta ; toutes critiques sont bienvenues.

mardi 26 septembre 2017

Annales de sujets de dissertation

Voici qui peut être utile. Il s'agit des sujets de dissertations qui ont été donnés au baccalauréat, en français, ces dernières années, pour les séries S et ES :

jeudi 25 mai 2017

Encore «Zone»

Un autre document pour apprendre à lire et commenter un texte. Nous donnons, en complément du travail d'analyse fait en classe sur d'autres parties du poème d'Apollinaire, sur le mouvement général du texte, en complément du carnet de lecture proposé dans notre billet précédent (avec copie, établissement du mouvement de chacun des poèmes dans le poème, réflexions générales et schématiques, étude du vocabulaire...) le texte de Zone où la dernière partie, à partir de «Tu es seul le matin va venir» est commentée sous forme d'annotations au fil du texte. Il s'agit donc d'une explication véritablement linéaire du texte, mais sous sa forme écrite.

Nous donnons ce document aux élèves en leur proposant de l'étudier — c'est-à-dire de le lire en silence, à haute voix, de le copier (intelligemment!), de le reprendre sous forme de notes, de s'entraîner à partir de ces notes à une lecture analytique à l'oral. Quelques-uns feront vraiment ce travail de façon intelligente pour deux raisons: d'abord, parce que le bac est devant eux; ensuite parce que cela fait des semaines et des semaines qu'ils travaillent ce poème, qu'ils savent qu'ils risquent d'avoir à le commenter, et donc qu'ils s'interrogent dessus. Je pense en revanche que si ce document leur avait été donné dès l'abord, ils se seraient précipités dessus, auraient décrété qu'ils étaient incapables de telles analyses, et auraient fui la véritable lecture personnelle du poème, la confrontation avec le texte.

On remarquera le caractère partiel de l'analyse: tout le poème que les élèves doivent préparer pour le bac, c'est-à-dire l'ensemble de «Zone» n'est pas analysé ainsi, mais seulement la fin: il s'agit de donner l'exemple de la méthode d'analyse, de la réflexion personnelle. L'étude d'un poème aussi long donne la place d'un travail véritablement pédagogique, où le professeur fait de façon variée, l'analyse littéraire de larges morceaux devant les élèves et avec les élèves, mais pour lequel ceux-ci ont vraiment un espace d'analyse et de réflexion personnelles.

On notera aussi l'importance des références à d'autres passages de «Zone», à d'autres poèmes d'Alcools, à tel poème de Verlaine, voire à tel film; on y observera qu'elles n'ont pas seulement pour but d'étaler la culture du lecteur, mais d'abord d'éclairer et d'enrichir la lecture du texte. Elles sont beaucoup plus lisibles pour les élèves parce que ces références ont été travaillées auparavant. On observera donc aussi que c'est d'abord la connaissance de la littérature — bien davantage que celle de la théorie littéraire — qui aide à savoir lire un texte littéraire.

samedi 6 mai 2017

Alcools — un carnet de lecture

Quī scrīpsit bis lēgit. Une bonne façon de lire, c’est d’écrire — aussi bien pour les professeurs que pour les élèves. Je donne ici un exemple de carnet de lecture sur Alcools d’Apollinaire, qu’ils doivent étudier en tant qu’ « œuvre intégrale » pour la présenter à l’oral des épreuves anticipées du baccalauréat. Le fait de le donner en exemple me semble important : il ne s’agit pas en effet seulement d’un travail scolaire, d’un pensum fastidieux pour de malheureux élèves accablés de travail ; il s’agit d’apprendre à faire quelque chose qu’on peut continuer à faire adulte... et qui peut rendre heureux !

On le verra donc, deux principes président à la tenue d’un tel carnet de lecture : discere et dēlēctārī — apprendre et se faire plaisir. C’est pourquoi l’on prend un beau cahier ; c’est pourquoi l’on écrit à la main, et même à la plume. C’est pourquoi l’essentiel de ce carnet de lecture consiste dans la simple copie de poèmes ou d’extraits de poèmes.

D’autre part, puisqu’il s’agit d’apprendre, et qu’on a jamais fini d’apprendre, ce carnet se veut inachevé : on peut toujours en rajouter. Ainsi de nombreuses pages blanches, en regard des poèmes copiés n’ont-ils pas été scannés ici : ils sont la porte ouverte à des réflexions, des recherches, des dessins, la copie d’autres poèmes en écho à ceux qui sont là. Il reste encore une vingtaine de pages pour ajouter d’autres poèmes lorsqu’un jour je reviendrai dans Alcools

Enfin, les embryons d’analyse qui sont notés ici pour quelques-uns des poèmes se basent avant tout sur la construction du mouvement du texte : IL FAUT absolument presque à chaque fois commencer par cela, sans quoi l’analyse littéraire risque fort d’aboutir à une pitoyable bouillie pour les chats — et encore serait-elle bien indigeste pour l’orgueil de la maison.

Le carnet de vocabulaire

De l'autre côté, la fin du carnet a été réservée à l’étude du vocabulaire. J’y ai relevé les mots que je connaissais peu ou mal, en particulier si je pensais que je ne saurais pas très clairement en expliquer le sens à mes élèves : c’est très exactement ce que doit faire un élève qui, le jour du bac, se voit prendre la place du professeur, et doit expliquer le texte à l’examinateur un peu comme si celui-ci était un élève.

J’y ai surtout copié à nouveau, pour chaque mot, le passage dont je l’ai tiré — d’abord pour le plaisir de copier de l’Apollinaire, ensuite pour m’approprier davantage son style, en le faisant rentrer dans la mémoire de la main, enfin parce que je ne pourrais pas relire de telles pages d’étude du vocabulaire si elles n’évoquaient pas d’images précises, rappelant les sentiments éprouvés et les réflexions à la lecture du poème.

Ces études de vocabulaire sont elles aussi inachevées : il ne s’agit pas de tout étudier tout de suite ; il s’agit d’étudier le plus possible pour apprendre le plus possible et le plus longtemps possible.

lundi 27 février 2017

Un carnet de lecture

Tenir un carnet de lecture peut être à la fois un plaisir et un moyen d'améliorer son orthographe, sa ponctuation, son style et son vocabulaire. Nous en proposons ici un exemple, où nous avons mis l'accent sur le vocabulaire, en relevant  environ 250 mots dans L'étranger de Camus, proposé à des élèves de 1re en «lecture cursive». Ces mots sont ceux dont notre expérience d'enseignant qu'ils ne sont pas maîtrisés par une bonne partie de nos lycéens, de sorte qu'au moins les deux-tiers des élèves a besoin d'en travailler au moins le tiers.

On notera qu'il est important de relever la phrase dans laquelle on a trouvé un mot difficile, avec le plus grand soin — un soin qui n'implique pas la souffrance, mais le triple plaisir d'apprendre, du travail bien fait et de s'approprier un style de qualité. On remarquera aussi le fait que ce travail est fait à la main — ce qui permet d'impliquer davantage le corps, et donc le plaisir.

On peut envisager de proposer, comme suite à ce travail, une interrogation de vocabulaire sur les mots relevés, où l'on pourrait alterner les questions qui demandent une définition, de compléter des phrases lacunaires, de composer des phrases avec tel ou tel mot des mots du livre.

On peut envisager de donner aux élèves la liste complète des mots relevés pour qu'ils préparent leurs révisions, et qu'ils aperçoivent ce qu'ils peuvent apprendre à l'aide d'un véritable travail de lecture.

dimanche 5 février 2017

Composer un commentaire littéraire (suite)

Encore un exemple de travail préparatoire à la rédaction d'un commentaire littéraire:

  1. Copie du texte (étape qui doit probablement être sautée le jour du bac, à cause du chronomètre).
  2. Établissement du mouvement du texte.
  3. Plan de l'introduction, avec, éventuellement la pose du problème et l'annonce de plan rédigées.
  4. Plan du commentaire.

On peut proposer ces documents à des élèves selon différentes modalités. Par exemple, après explicitation d'une sous-partie ou d'une sous-sous-partie, on peut leur demander de la rédiger. Dans ce cas, j'annoncerais le «but», expliciterais le morceau d'explication de texte, ferais écrire pendant quelques minutes, puis ferais lire le résultat.

Il me semble important ici de faire attention à prévenir plutôt que guérir en indiquant dans quel esprit ils doivent écrire :

  • penser au lecteur, avoir vraiment l'intention de dire quelque chose, et non écrire pour écrire, pour seulement satisfaire à une consigne ;
  • méditer, voire se marmonner une seule phrase qui tient dans la mémoire jusqu'à ce qu'elle soit satisfaisante, puis se la dicter en veillant à l'orthographe et à la ponctuation ;
  • recommencer pour la deuxième phrase en imaginant toujours le lecteur...

La question du vocabulaire

Les élèves demandent souvent ce qu'ils doivent «réviser» pour préparer les épreuves de français au baccalauréat. On peut quelquefois les enjoindre à réviser les «méthodes». Je pense que là n'est pas l'essentiel. Ce qu'on attend à l'épreuve de français du bac, c'est d'abord la maîtrise du français, et donc pour commencer, de son vocabulaire. Entendons-nous bien : le vocabulaire qui nous intéresse n'est pas essentiellement le vocabulaire technique de l'analyse littéraire, mais celui de la littérature.

Le bac blanc auquel nous avons soumis nos élèves et qui m'occupe actuellement est à cet égard tout à fait révélateur. Il proposait un extrait de Mme Bovary («Charbovary»), un extrait de L'homme qui rit où Gwynplaine est anéanti par le déferlement des rires à la chambre des Lords, et un autre du Moulin de Pologne de Giono, où la bourgeoisie provinciale humilie de ses rires grinçants une jeune femme défigurée qui se donne en spectacle en dansant seule. Or ce «corpus» de textes comportait une soixantaine de mots qui font difficulté pour nombre d'élèves. En voici le relevé:

Et encore n'évoquons-nous pas ici l'aide qu'apporterait quelques connaissances historiques sur l'Angleterre au XVIIe siècle. Dans mes classes, je pense qu'au moins les deux-tiers des élèves ne comprennent pas les deux-tiers de ces mots. Autrement dit, il nous faut travailler à trouver les moyens d'aider les élèves à acquérir ce vocabulaire, bien avant d'enseigner l'hyperbole et l'hypotypose, la focalisation zéro et le narrateur homodiégétique, le mouvement baroque et le symbolisme. Ce sera à la fois utile pour la note au bac et — ce qui est beaucoup plus important — utile pour la vie. Nōn sōlum scholæ sed etiam vītæ doceāmus.

samedi 4 février 2017

Premières lignes de L'ÉTRANGER

Comme nous discutions naguère avec une collègue de la possibilité de commenter un texte en suivant son plan, je relevai le défi pour les premières lignes de L'étranger. Voici ma proposition.

Le document commence par la copie manuelle du texte, préalable que je recommande vivement à mes élèves, et que je leur donne donc en exemple. J'ai numéroté en vers les phrases dans chaque paragraphe, procédé que je préfère à la numérotation des lignes: il est à la fois plus stable, puisqu'il ne dépend pas de l'édition, et plus pertinent pour l'analyse du texte.

La page trois présente, avant les notes pour l'introduction, l'établissement du plan — ou mouvement — du texte. On y voit à la fois le résultat et le processus pour y aboutir. L'annonce de plan n'est pas indiquée dans la note d'introduction: l'orateur n'a qu'à se reporter aux titres en rouge des parties, pages 4 et 6. Vous aurez compris que les titres et conclusions des parties sont en rouge, ceux des sous-parties en vert.

J'utilise quelquefois ce genre de documents pour demander à mes élèves d'y suivre mon explication, pour leur demander d'en restituer, à l'oral certaines parties. Je peux leur demander aussi de refaire telle page en la schématisant davantage: ces notes sont en effet un peu trop rédigées pour laisser une liberté suffisante à l'orateur. Je peux aussi leur demander de les reprendre en sélectionnant les remarques qui leur paraissent les plus pertinentes, afin que l'explication tienne dans les dix minutes réglementaires par exemple.

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