Le texte que nous publiâmes ici naguère sous forme électronique, entièrement revu et corrigé est paru et est disponible dans la collection «Nouvelle Bibliothèque Antique». Les quelques coquilles qui demeuraient ont été corrigées; la ponctuation a de nouveau été révisée pour faciliter la tâche du lecteur. Il est ainsi utilisable pour le latiniste expérimenté qui veut avoir le plaisir de lire apertō librō ; il est utilisable par les étudiants qui ont acquis les bases de la langue latine pour fluidifier leur connaissance du latin. D'une part parce que le lecteur, s'il lui manque tel ou tel mot de vocabulaire, sera assuré de le trouver dans Les mots latins de Martin et pourra se passer du Gaffiot : les quelques mots qu'on ne peut trouver dans le lexique de F. Martin sont donnés en note. Ainsi, en fréquentant régulièrement le dictionnaire en réduction que constitue Les mots latins, le lecteur pourra fixer dans sa mémoire en les localisant les mots qu'il apprendra — alors que la géographie d'un ouvrage complet comme le Gaffiot est en quelque sorte inaccessible à la mémoire. C'est pourquoi nous recommandons vivement aux étudiants qui utiliseront notre ouvrage de travailler le texte de Cicéron avec, à leurs côtés, uniquement une grammaire — par exemple, Le précis de grammaire latine de Thomas et al., voire L'abrégé de grammaire latine des mêmes — et, donc, l'ouvrage de F. Martin. Ils gagneront évidemment à tenir aussi un carnet de lecture personnel où ils copieront certains passages, en traduiront d'autres, noteront le vocabulaire ou les tournures grammaticales qu'ils souhaitent retenir, ainsi que les réflexions qui pourront leur venir à lecture de la prose cicéronienne.

Ceux qui ont le goût de la restitution essaieront peut-être d'entendre le rythme de la période cicéronienne, rendu très accessible par la présence des macrons, et sans doute aussi par notre ponctuation. Peut-être même les plus passionnés en étudieront-ils le système de clausules. Quoi qu'il en soit, leur présence permettra de distinguer immédiatement les faux homonymes : occīdit et occidit, manus et manūs, collega et collegā, amantis et amantīs, etc. Ainsi, avec en plus une ponctuation très précise et presque surabondante, l'étudiant apercevra presque immédiatement les structures syntaxiques et se mettra un peu dans la peau d'un lecteur latin d'un texte latin, qui en saisit intuitivement les structures et les significations. Nous savons bien que le lecteur moderne n'a pas été nourri, comme César et Cicéron, et tous les petits Marcus et Gaius du Ier siècle, dès l'enfance par la langue latine : il lui faut des béquilles pour construire cette intuition. Ces béquilles sont la grammaire, le travail du vocabulaire... et, en l'espèce, notre appareil critique et diacritique. La présence des titulī d'autre part, est de nature à rassurer le lecteur inquiet d'avoir bien compris ce qu'il explore : ils constituent une première approche plus facile, parce que réduite, du paragraphe qu'il s'apprête à lire — ou une confirmation qu'il a bien compris celui qu'il vient de lire.

On notera une innovation typographique que nous proposons : si l'utilisation des lettres ramistes, quoique universitairement incorrecte, est très traditionnelle, nous avons précisé que l'-i- consonne intervocalique était en latin toujours géminé par un -ĵ- : eĵus, prononcé ['e:jjus].

Vous pouvez donc vous procurer cette édition entièrement en couleurs ici :

P.S. : J'ajoute ici la bibliographie que par mesure d'économie je n'ai pas jointe à l'édition papier du livre :