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04 déc. 2019

Pourquoi l'Apollinaire d'Alcools est-il antique et moderne à la fois ?

La dissertation sur œuvre est l'une des nouvelles épreuves du baccalauréat 2021, que subiront les élèves de 1re générale en 2020, lors des épreuves anticipées.  Que peut être une telle dissertation ? Nous proposons ici le corrigé d'une dissertation donnée à nos élèves de 1re. Nous essayons de leur y montrer comment ils peuvent composer une dissertation en s'appuyant sur le nombre limité de textes que nous leur avons demandé de connaître par cœur :

  1. Le plan semi-détaillé de «Zone» ;
  2. 12 vers dans les 130 premiers vers de «Zone». Bon, je triche un peu là, parce que je les connais tous ;
  3. Les 12 derniers vers de «Zone», que nous expliqué en classe ;
  4. "Le pont Mirabeau", expliqué en classe ;
  5. "Chantre", expliqué en classe ;
  6. "La blanche neige", expliqué en classe ;
  7. Un poème au choix. (J'ai pris «La Loreley») ;
  8. Quelques autres vers au choix. (Pas forcément encore connus, mais pris dans le recueil, puisque c'était un devoir fait à la maison).
Le devoir est un peu trop long : un excellent devoir aurait pu proposer un peu moins d'analyses; on aurait pu par exemple en sélectionner une seule par sous-partie. Il comporte aussi beaucoup d'imperfections ; mais il nous semble que c'est le lot de ce genre de travail. Que les lecteurs cependant n'hésitent pas à nous proposer des corrections pour aller vers davantage de clarté !
Le second fichier constitue une trace du travail préparatoire à faire au brouillon avant de rédiger : inventio (recherche des idées), puis dispositio (construction du plan).

11 mai 2019

La composition du Débat de Folie et d'Amour de Louise Labé

Je viens fournir ici une pièce supplémentaire en faveur du plan du texte, qu'on néglige beaucoup, beaucoup, beaucoup trop dans l'enseignement des lettres nowadays. J'essaie de montrer ici trois choses : d'une part, que l'établissement du plan du texte est un outil très efficace pour préparer l'explication d'un texte — et je parle d'une véritable explication littéraire, qui ne se contente pas de paraphraser platement, mais qui montre l'intérêt du texte ; d'autre part, qu'on peut présenter une explication de texte qui suit le mouvement du texte, et s'interdit de l'équarrir comme le font pratiquement tous les commentaires dits composés ; enfin qu'il existe une forme de bachotage intelligente, quand il s'agit de connaître le contenu d'une œuvre : apprendre par cœur le plan d'un livre, c'est à la fois se donner une véritable culture et se donner les moyens de réfléchir. Connaître ce plan et avoir fait vraiment la rencontre de l'œuvre à travers une lecture personnelle, c'est évidemment accroître véritablement sa culture ; mais aussi, connaître ce plan sans avoir vraiment lu toute l'œuvre — comme peut le faire un bachoteur paresseux —, c'est commencer à rencontrer vraiment l'œuvre et ce qu'elle dit d'intéressant : c'est beaucoup moins mauvais que de se contenter d'apprendre par cœur des listes de figures de style, des fiches de méthodologie, des concepts de narratologie ou de typologie des discours, des genres, registres et mouvements littéraires.

Je rêve que la contrainte des œuvres imposées fasse la pencher la balance du bachotage de ce côté-là — parce que pour ce qui est de l'existence du bachotage, je ne rêve pas : il y a un bac, il y aura du bachotage, quel que soit le programme, quelles que soient les épreuves.

Il s'agit du Débat de Folie et d'Amour de Louise Labé :

09 avr. 2019

Ça commence par le début...

Voici une version du structuralisme fort peu canonique... Un moyen mnémotechnique pour écrire l'entame d'un récit — ce que les pédants appellent incipit. A vous de retrouver cependant à quelles œuvres et à quels auteurs sont empruntés ces dix débuts de récit, qu'on peut apprendre par cœur...

13 mar. 2019

Débat de Folie et d'Amour

Louise Labé

Débat de Folie et d’Amour


En 1555, Louise Labé fait paraître chez Jean de Tournes son unique livre, intitulé Œuvres. Elle y est présentée comme la « nouvelle Sappho », à cause en particulier lasaisissante série des vingt-quatre sonnets que chacun connaît. Mais avant ses poèmes, elle a fait insérer un texte très étrange et très passionnant, un véritable petit bijou : le  Débat de Folie et d’Amour.
Apollon et Mercure, qui se font les avocats de Cupidon et de la déesse « Folie », proposent une vision de l’amour sur lesquelles Jupiter vient trancher in fine. « L’érudite gaillardise » dont fait preuve ici celle qu’on appela « La belle cordière » donne à voir les qualités d’un très délectable et très plaisant humanisme au féminin, au moment où la Renaissance française allait s’abîmer dans les guerres de religion. Mais la légèreté de Louise Labé n’est que la forme dont s’empare le véritable grand sérieux quand il veut vraiment connaître l’homme dans sa complexité : le divin Banquet auquel nous convie la poétesse lyonnaise parle d’amour avec une ivresse plus réjouissante encore que celle d’Aristophane au Banquet de Platon.
La Nouvelle Bibliothèque Humaniste en propose une édition entièrement nouvelle dont l’orthographe est modernisée, où les particularités de la langue du XVIe siècle sont éclaircies, pour rendre ce texte extraordinaire accessible à tous. Feuilletez-le et achetez-le ici : Débat de Folie et d’Amour.

10 mar. 2019

La Nouvelle Bibliothèque Antique : un nouveau souffle pour les textes antiques

Pourquoi une nouvelle édition du Dē amīcitia ?

Pour se la procurer :
Nos marque-page, tableaux de déclinaison et de conjugaison avec les longues :

05 déc. 2018

Plan du Comte de Monte-Cristo

Pour y voir un peu plus clair dans le merveilleux enchevêtrement que constitue Le comte de Monte-Cristo, nous vous proposons ci-dessous un plan de l'ensemble de l'œuvre. Même s'il est très discutable et améliorable, il permet de s'y retrouver pour relire et analyser la construction de l'intrigue, pour se l'approprier et être capable de raconter à sa façon l'histoire — quel plus grand plaisir que de pouvoir raconter une histoire ? Et enfin, après nous être emparé de cette structure narrative, nous pourrons l'utiliser, la transposer, la plagier, la reprendre, la métamorphoser pour raconter nos propres histoires.

12 oct. 2018

Parution du Dē Amīcitiā

Le texte que nous publiâmes ici naguère sous forme électronique, entièrement revu et corrigé est paru et est disponible dans la collection «Nouvelle Bibliothèque Antique». Les quelques coquilles qui demeuraient ont été corrigées; la ponctuation a de nouveau été révisée pour faciliter la tâche du lecteur. Il est ainsi utilisable pour le latiniste expérimenté qui veut avoir le plaisir de lire apertō librō ; il est utilisable par les étudiants qui ont acquis les bases de la langue latine pour fluidifier leur connaissance du latin. D'une part parce que le lecteur, s'il lui manque tel ou tel mot de vocabulaire, sera assuré de le trouver dans Les mots latins de Martin et pourra se passer du Gaffiot : les quelques mots qu'on ne peut trouver dans le lexique de F. Martin sont donnés en note. Ainsi, en fréquentant régulièrement le dictionnaire en réduction que constitue Les mots latins, le lecteur pourra fixer dans sa mémoire en les localisant les mots qu'il apprendra — alors que la géographie d'un ouvrage complet comme le Gaffiot est en quelque sorte inaccessible à la mémoire. C'est pourquoi nous recommandons vivement aux étudiants qui utiliseront notre ouvrage de travailler le texte de Cicéron avec, à leurs côtés, uniquement une grammaire — par exemple, Le précis de grammaire latine de Thomas et al., voire L'abrégé de grammaire latine des mêmes — et, donc, l'ouvrage de F. Martin. Ils gagneront évidemment à tenir aussi un carnet de lecture personnel où ils copieront certains passages, en traduiront d'autres, noteront le vocabulaire ou les tournures grammaticales qu'ils souhaitent retenir, ainsi que les réflexions qui pourront leur venir à lecture de la prose cicéronienne.

Ceux qui ont le goût de la restitution essaieront peut-être d'entendre le rythme de la période cicéronienne, rendu très accessible par la présence des macrons, et sans doute aussi par notre ponctuation. Peut-être même les plus passionnés en étudieront-ils le système de clausules. Quoi qu'il en soit, leur présence permettra de distinguer immédiatement les faux homonymes : occīdit et occidit, manus et manūs, collega et collegā, amantis et amantīs, etc. Ainsi, avec en plus une ponctuation très précise et presque surabondante, l'étudiant apercevra presque immédiatement les structures syntaxiques et se mettra un peu dans la peau d'un lecteur latin d'un texte latin, qui en saisit intuitivement les structures et les significations. Nous savons bien que le lecteur moderne n'a pas été nourri, comme César et Cicéron, et tous les petits Marcus et Gaius du Ier siècle, dès l'enfance par la langue latine : il lui faut des béquilles pour construire cette intuition. Ces béquilles sont la grammaire, le travail du vocabulaire... et, en l'espèce, notre appareil critique et diacritique. La présence des titulī d'autre part, est de nature à rassurer le lecteur inquiet d'avoir bien compris ce qu'il explore : ils constituent une première approche plus facile, parce que réduite, du paragraphe qu'il s'apprête à lire — ou une confirmation qu'il a bien compris celui qu'il vient de lire.

On notera une innovation typographique que nous proposons : si l'utilisation des lettres ramistes, quoique universitairement incorrecte, est très traditionnelle, nous avons précisé que l'-i- consonne intervocalique était en latin toujours géminé par un -ĵ- : eĵus, prononcé ['e:jjus].

Vous pouvez donc vous procurer cette édition entièrement en couleurs ici :

P.S. : J'ajoute ici la bibliographie que par mesure d'économie je n'ai pas jointe à l'édition papier du livre :

20 mai 2018

Quelques vers de Ménandre

Le Grincheux de Ménandre est au programme du baccalauréat en grec ancien. Cela me donne l'occasion de vous proposer une traduction, en sénaires iambiques,et un commentaire des premiers vers de la pièce, afin d'apercevoir un peu mieux son caractère comique, souvent dissimulé par des traductions un peu trop sérieuses et des commentaires peut-être un peu trop intellectuels.

C'est en outre l'occasion de montrer pourquoi un commentaire qui suit le mouvement du texte est toujours idoine.

11 fév. 2018

L'Énéide

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Si nous suivons Musset, le chant IV de l’Énéide de Virgile — qui raconte les amours d’Énée et de Didon, et la fin terrible de celle qu’on appelle aussi Élissa, reine de Carthage — en est non seulement le plus célèbre, mais aussi, probablement, le plus beau. Mais qui peut en profiter ? Les traductions françaises qu’on en a, mise à part celle de Du Bellay, ne parviennent pas à rendre justice au texte de Virgile, à en rendre l’incroyable vigueur.
Pour entendre Virgile, pour entendre Didon, il faut aller aussi directement que possible à la source. Or, même pour un très bon latiniste, la lecture cursive de l’épopée virgilienne dans le texte reste chose bien ardue. Nous avons voulu qu’elle devienne possible grâce à quelques artifices et béquilles destinés aux malheureux qui n’ont pas eu la chance de naître en Italie à l’époque de César et Cicéron, en nous appuyant sur la grammaire et notre expérience d’aède, de jongleur, de diseur de vers.

Ainsi les voyelles longues sont-elles marquées d’un macron, qui facilitera la restitution de l’hexamètre et l’analyse grammaticale, qui pourra se faire aussi intuitivement que possible. Les voyelles et diphtongues « élidées » sont notées en exposant, afin de permettre une lecture rythmée de l’hexamètre plus facile — même si nous croyons que « l’élision » n’implique pas forcément de disparition réelle de la voyelle : elle peut se réaliser à la pause, comme l’-e de la césure épique dans la chanson de geste.
Suivant une longue tradition, nous séparons le chant en ensembles de vers qui offrent une cohérence sémantique ; ils apparaissent comme des « laisses » de la chanson de geste, marquées par une lettrine, elles-mêmes organisées le plus souvent en deux ou trois sous-ensembles, de sorte que la structuration typographique accompagne le souffle du lecteur.
Nous proposons aussi une ponctuation aussi sensible que possible, qui offre des clés supplémentaires et immédiates pour l’analyse de la phrase ; en particulier, nous avons essayé de séparer les groupes de mots qui sont syntaxiquement et sémantiquement immédiatement intelligibles pour l’intuition, en particulier dans les vers où Virgile joue de la séparation poétique entre le nom ou le pronom et l’adjectif.
Enfin, nous nous sommes livré à la marotte que nous défendons dans notre thèse de doctorat, en colorisant les temps verbaux, afin que le lecteur sente mieux les variations d’attitude du locuteur relativement à ce qu’il raconte. Ce faisant, nous lui facilitons par-dessus le marché l’analyse : la structure de la proposition lui saute ainsi directement aux yeux.

En outre, les principales difficultés liées à la langue ou au contexte culturel sont éclairées par une annotation choisie.

Notre édition de l'Énéide avance... nous sommes au chant IV. Nous plaçons ici aussi les fichiers odt, de sorte que ceux qui veulent se débarrasser de certains de mes artifices typographiques puissent le faire.

06 fév. 2018

Grec ancien, maîtrise de la langue française et interdisciplinarité.

Quand on étudie le grec ancien, les liens, ponts, fenêtres et portes vers les autres disciplines se font tout naturellement...

22 janv. 2018

Cicéron

Nos éditions des textes de Cicéron :

  1. L'exorde de la première Catilinaire de Cicéron, avec les longues:

  2. L'édition de la troisième philippique destinée à la déclamation : les voyelles longues par nature y sont notées, grâce à l'aide du logiciel de Gilles de Rosny. C'est le texte qui a été dit à Grenoble le 28 janvier pour l'équipe "Rare" de l'université Stendhal. La ponctuation et la mise en page ouvrent la voie à une lecture — compréhension et déclamation — plus accessible et naturelle:
  3.  Notre édition complète et annotée du Dē amīcitiā:

15 janv. 2018

La dissertation au niveau du bac

La dissertation est un exercice difficile, mais pas plus difficile que le commentaire. Il demande seulement un peu de culture, un peu de réflexion, et de savoir écrire en français. Le corrigé ci-joint d'un sujet de bac peut le montrer assez aisément. Le corrigé est partiel : il s'agit de laisser de l'espace pour le travail et la réflexion des élèves.

13 oct. 2017

Remèdes aux fautes d'interrogative indirecte.

Les fautes d'interrogative indirecte sont un fléau extrêmement puissant et dominateur par les temps qui courent. Voici une fiche qui pourrait en guérir quelques-uns contre la tentation de s'adonner à cette folie. Notez qu'il me semble important que les travaux écrits — à donner à fortes doses aux récalcitrants — soient précédés par des séances assez nombreuses et répétées d'oral, si bien que la règle n'est pas donnée directement et que je propose une leçon à construire avec les élèves préalablement aux exercices.

Mais, il faut le redire, pour que la structure de l'interrogative indirecte soit acquise, il ne suffit pas de l'expliquer convenablement, il faut la faire rentrer dans l'oreille, et faire une dose suffisante d'exercices à l'oral.

La fiche est en version bêta ; toutes critiques sont bienvenues.

26 sept. 2017

Annales de sujets de dissertation

Voici qui peut être utile. Il s'agit des sujets de dissertations qui ont été donnés au baccalauréat, en français, ces dernières années, pour les séries S et ES :

25 mai 2017

Encore «Zone»

Un autre document pour apprendre à lire et commenter un texte. Nous donnons, en complément du travail d'analyse fait en classe sur d'autres parties du poème d'Apollinaire, sur le mouvement général du texte, en complément du carnet de lecture proposé dans notre billet précédent (avec copie, établissement du mouvement de chacun des poèmes dans le poème, réflexions générales et schématiques, étude du vocabulaire...) le texte de Zone où la dernière partie, à partir de «Tu es seul le matin va venir» est commentée sous forme d'annotations au fil du texte. Il s'agit donc d'une explication véritablement linéaire du texte, mais sous sa forme écrite.

Nous donnons ce document aux élèves en leur proposant de l'étudier — c'est-à-dire de le lire en silence, à haute voix, de le copier (intelligemment!), de le reprendre sous forme de notes, de s'entraîner à partir de ces notes à une lecture analytique à l'oral. Quelques-uns feront vraiment ce travail de façon intelligente pour deux raisons: d'abord, parce que le bac est devant eux; ensuite parce que cela fait des semaines et des semaines qu'ils travaillent ce poème, qu'ils savent qu'ils risquent d'avoir à le commenter, et donc qu'ils s'interrogent dessus. Je pense en revanche que si ce document leur avait été donné dès l'abord, ils se seraient précipités dessus, auraient décrété qu'ils étaient incapables de telles analyses, et auraient fui la véritable lecture personnelle du poème, la confrontation avec le texte.

On remarquera le caractère partiel de l'analyse: tout le poème que les élèves doivent préparer pour le bac, c'est-à-dire l'ensemble de «Zone» n'est pas analysé ainsi, mais seulement la fin: il s'agit de donner l'exemple de la méthode d'analyse, de la réflexion personnelle. L'étude d'un poème aussi long donne la place d'un travail véritablement pédagogique, où le professeur fait de façon variée, l'analyse littéraire de larges morceaux devant les élèves et avec les élèves, mais pour lequel ceux-ci ont vraiment un espace d'analyse et de réflexion personnelles.

On notera aussi l'importance des références à d'autres passages de «Zone», à d'autres poèmes d'Alcools, à tel poème de Verlaine, voire à tel film; on y observera qu'elles n'ont pas seulement pour but d'étaler la culture du lecteur, mais d'abord d'éclairer et d'enrichir la lecture du texte. Elles sont beaucoup plus lisibles pour les élèves parce que ces références ont été travaillées auparavant. On observera donc aussi que c'est d'abord la connaissance de la littérature — bien davantage que celle de la théorie littéraire — qui aide à savoir lire un texte littéraire.

06 mai 2017

Alcools — un carnet de lecture

Quī scrīpsit bis lēgit. Une bonne façon de lire, c’est d’écrire — aussi bien pour les professeurs que pour les élèves. Je donne ici un exemple de carnet de lecture sur Alcools d’Apollinaire, qu’ils doivent étudier en tant qu’ « œuvre intégrale » pour la présenter à l’oral des épreuves anticipées du baccalauréat. Le fait de le donner en exemple me semble important : il ne s’agit pas en effet seulement d’un travail scolaire, d’un pensum fastidieux pour de malheureux élèves accablés de travail ; il s’agit d’apprendre à faire quelque chose qu’on peut continuer à faire adulte... et qui peut rendre heureux !

On le verra donc, deux principes président à la tenue d’un tel carnet de lecture : discere et dēlēctārī — apprendre et se faire plaisir. C’est pourquoi l’on prend un beau cahier ; c’est pourquoi l’on écrit à la main, et même à la plume. C’est pourquoi l’essentiel de ce carnet de lecture consiste dans la simple copie de poèmes ou d’extraits de poèmes.

D’autre part, puisqu’il s’agit d’apprendre, et qu’on a jamais fini d’apprendre, ce carnet se veut inachevé : on peut toujours en rajouter. Ainsi de nombreuses pages blanches, en regard des poèmes copiés n’ont-ils pas été scannés ici : ils sont la porte ouverte à des réflexions, des recherches, des dessins, la copie d’autres poèmes en écho à ceux qui sont là. Il reste encore une vingtaine de pages pour ajouter d’autres poèmes lorsqu’un jour je reviendrai dans Alcools

Enfin, les embryons d’analyse qui sont notés ici pour quelques-uns des poèmes se basent avant tout sur la construction du mouvement du texte : IL FAUT absolument presque à chaque fois commencer par cela, sans quoi l’analyse littéraire risque fort d’aboutir à une pitoyable bouillie pour les chats — et encore serait-elle bien indigeste pour l’orgueil de la maison.

Le carnet de vocabulaire

De l'autre côté, la fin du carnet a été réservée à l’étude du vocabulaire. J’y ai relevé les mots que je connaissais peu ou mal, en particulier si je pensais que je ne saurais pas très clairement en expliquer le sens à mes élèves : c’est très exactement ce que doit faire un élève qui, le jour du bac, se voit prendre la place du professeur, et doit expliquer le texte à l’examinateur un peu comme si celui-ci était un élève.

J’y ai surtout copié à nouveau, pour chaque mot, le passage dont je l’ai tiré — d’abord pour le plaisir de copier de l’Apollinaire, ensuite pour m’approprier davantage son style, en le faisant rentrer dans la mémoire de la main, enfin parce que je ne pourrais pas relire de telles pages d’étude du vocabulaire si elles n’évoquaient pas d’images précises, rappelant les sentiments éprouvés et les réflexions à la lecture du poème.

Ces études de vocabulaire sont elles aussi inachevées : il ne s’agit pas de tout étudier tout de suite ; il s’agit d’étudier le plus possible pour apprendre le plus possible et le plus longtemps possible.

01 mai 2017

Histoire du français — épreuve de licence de sciences du langage

A la demande des étudiants de L2, voici un corrigé de l'épreuve de «contrôle continu» de mai 2016:

M. Lakshmanan

28 mar. 2017

Longus

C'est un peu tard... mais cela pourrait servir à quelques collègues encore. Une édition du texte au programme de Terminale, dans la traduction d'Amyot revue par Courier. L'orthographe y est modernisée:

27 fév. 2017

Un carnet de lecture

Tenir un carnet de lecture peut être à la fois un plaisir et un moyen d'améliorer son orthographe, sa ponctuation, son style et son vocabulaire. Nous en proposons ici un exemple, où nous avons mis l'accent sur le vocabulaire, en relevant  environ 250 mots dans L'étranger de Camus, proposé à des élèves de 1re en «lecture cursive». Ces mots sont ceux dont notre expérience d'enseignant qu'ils ne sont pas maîtrisés par une bonne partie de nos lycéens, de sorte qu'au moins les deux-tiers des élèves a besoin d'en travailler au moins le tiers.

On notera qu'il est important de relever la phrase dans laquelle on a trouvé un mot difficile, avec le plus grand soin — un soin qui n'implique pas la souffrance, mais le triple plaisir d'apprendre, du travail bien fait et de s'approprier un style de qualité. On remarquera aussi le fait que ce travail est fait à la main — ce qui permet d'impliquer davantage le corps, et donc le plaisir.

On peut envisager de proposer, comme suite à ce travail, une interrogation de vocabulaire sur les mots relevés, où l'on pourrait alterner les questions qui demandent une définition, de compléter des phrases lacunaires, de composer des phrases avec tel ou tel mot des mots du livre.

On peut envisager de donner aux élèves la liste complète des mots relevés pour qu'ils préparent leurs révisions, et qu'ils aperçoivent ce qu'ils peuvent apprendre à l'aide d'un véritable travail de lecture.

05 fév. 2017

Composer un commentaire littéraire (suite)

Encore un exemple de travail préparatoire à la rédaction d'un commentaire littéraire:

  1. Copie du texte (étape qui doit probablement être sautée le jour du bac, à cause du chronomètre).
  2. Établissement du mouvement du texte.
  3. Plan de l'introduction, avec, éventuellement la pose du problème et l'annonce de plan rédigées.
  4. Plan du commentaire.

On peut proposer ces documents à des élèves selon différentes modalités. Par exemple, après explicitation d'une sous-partie ou d'une sous-sous-partie, on peut leur demander de la rédiger. Dans ce cas, j'annoncerais le «but», expliciterais le morceau d'explication de texte, ferais écrire pendant quelques minutes, puis ferais lire le résultat.

Il me semble important ici de faire attention à prévenir plutôt que guérir en indiquant dans quel esprit ils doivent écrire :

  • penser au lecteur, avoir vraiment l'intention de dire quelque chose, et non écrire pour écrire, pour seulement satisfaire à une consigne ;
  • méditer, voire se marmonner une seule phrase qui tient dans la mémoire jusqu'à ce qu'elle soit satisfaisante, puis se la dicter en veillant à l'orthographe et à la ponctuation ;
  • recommencer pour la deuxième phrase en imaginant toujours le lecteur...

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